Blé dur : prévenir au champ le risque mycotoxines

Il n'y a pas de miracle : si la production française de blé dur respecte généralement la réglementation en matière de mycotoxines, c'est parce que l'amont y est fortement sensibilisé. En effet, la filière est très exigeante en terme de qualité, notamment pour le blé dur destiné aux industries de la semoulerie et des pâtes alimentaires. Les procédés industriels permettent difficilement d’éliminer les mycotoxines, et ces processus sont onéreux. Il faut donc que les matières premières soient les plus saines possibles.

À savoir

Aujourd’hui, le blé dur représente 95 % de l’assolement en blé.

Le Lauragais est historiquement une zone de production de blé dur. Et pour cause, le climat et le type de sol sont particulièrement favorables à cette culture. Statistiquement, huit années sur dix, des conditions climatiques idéales pour le blé dur sont réunies pendant sa floraison, avec un risque fusarioses et donc mycotoxines de ce fait réduit.

8 années sur 10
les conditions climatiques idéales pour le blé dur sont réunies

Cependant, parce que les conditions climatiques ne sont pas prévisibles et que les pertes de rendement et de qualité sanitaire peuvent être conséquentes, les agriculteurs portent une attention toute particulière au risque fusariose. C’est le cas de Régis, agriculteur en blé dur dans le Lauragais sur 250 hectares : « La qualité est essentielle parce que le blé dur est une céréale très fragile. Il y a des critères de qualité qui font que c’est une culture qui demande beaucoup de soin. (…) On a pas le droit à l’erreur. Et quand on a des cultures de blé dur avec des potentiels significatifs, c’est quand même dommage de perdre une partie de son revenu parce que la qualité s’est dégradée à cause de la fusariose. »

De plus, comme le souligne Régis, certains précédents favorisent le développement de fusariose, comme le maïs. « On a un assolement qui est basé sur blé dur, semences potagères et mais semences. Le mais semences, c’est aussi une céréale qui a une caractéristique : c’est un bon précédent pour le blé dur mais par contre il génère des maladies des feuilles de l’épi qu’on appelle fusariose. Donc il est essentiel de protéger de manière beaucoup plus prégnante que de manière classique les blés durs issus d’assolement de mais semences parce que cette maladie peut effectivement détruire la qualité très rapidement – si on a un printemps pluvieux, la fusariose peut avoir des conséquences très néfastes. »

Pour toutes ces raisons, les agriculteurs appliquent très souvent un traitement systématique anti-fusariose.