Tour de plaine : évaluer le niveau de salissement de ses parcelles

L'automne dernier, les conditions de pluies exceptionnelles rencontrées ont pu perturber les semis mais aussi les stratégies de désherbage. De surcroît, même si les programmes d'automne sont efficaces, l'hiver doux qui a suivi n'exclut pas les repousses d'adventices. Après avoir contrôlé la performance du programme d'automne et évalué la nuisibilité des mauvaises herbes, dans quels cas un rattrapage en sortie d'hiver est-il à prévoir ?

Les traitements d’automne ont-ils été efficaces ? Dans quelles situations prévoir une intervention en sortie d’hiver ? L’observation est prioritaire. Raisonner le désherbage est essentiel.

Aller voir sous le blé

Chaque parcelle est différente. Un état des lieux s’impose avant la sortie d’hiver pour faire les bons choix et adapter la suite de son programme.

Les mois de décembre/janvier sont le bon moment pour regarder au ras du sol, entre les rangs de blé. Ce coup de projecteur permet d’anticiper le désherbage de rattrapage en sortie d’hiver. L’objectif est d’estimer l’état de salissement des parcelles et le potentiel de nuisance des plantules observées.

Aller voir "sous le blé", c’est aussi repérer les chemins de circulation de l'eau dans chaque parcelle. Les identifier permet de prévoir les mesures correctives afin de limiter les risques de pollutions diffuses. Le point sur ces actions clés pour préserver le potentiel des cultures et la qualité de l’eau.

Contrôler la performance du programme d’automne

« Un programme d’automne donne rarement 100 % d’efficacité. Les conditions pédoclimatiques, la qualité de la préparation du sol pour le semis, la présence ou non des adventices au moment du traitement influent sur ce résultat. Même si deux interventions ont été réalisées, la surveillance des parcelles est recommandée. »

La pertinence d’une intervention en sortie d’hiver s’évalue étape par étape, de fin novembre à début février. Le raisonnement débute par le contrôle de la performance du programme d’automne sur chaque parcelle. Il s’appuie sur l’évaluation de la nuisibilité des adventices diagnostiquées en se projetant dans la rotation. Des indices au champ renseignent si une solution de rattrapage en sortie d’hiver est à envisager.

La situation de chaque parcelle dépend :

  • de son historique désherbage : adventices récurrentes, programmes de traitement.
  • des pratiques culturales : labour ou non-labour, qualité de la préparation du sol pour le semis, rotation.
  • du type de sol : par exemple, la fréquence d’apparition de la folle avoine est de 4 fois par an en sol argilo-calcaire contre 2 en limons.
À savoir

La présence de plantules entre les rangs de blés ne signifie pas forcément que le traitement d’automne n’a pas fonctionné

Contrôler la performance du programme d’automne, c’est regarder le salissement entre les rangs de blé. La présence en début d’hiver de plantules entre ces rangs ne signifie pas forcément que le programme de traitement d’automne n’a pas fonctionné. Plusieurs paramètres influent sur l’expression des symptômes prouvant la dégénérescence des plantules :

  • un climat clément
  • les différents modes d’action des produits
  • la sensibilité et le stade de développement de la flore au moment du traitement, qui jouent sur la dynamique de croissance des adventices.

Dans les « conditions normales », l’efficacité du désherbage d’automne est visible quelques semaines après les traitements. Elle est souvent concomitante à l’arrivée des premiers froids.

L’exemple avec Mateno®

Un arrêt de croissance des graminées, des feuilles ou des tiges est remarqué. Les plantules prennent une couleur violacée. Ces symptômes peuvent être confirmés par une deuxième observation espacée de quinze jours. Dans le cas des dicots, l’efficacité est souvent visible plus rapidement avec des plantes qui vont jaunir, se nécroser et disparaître. La rapidité d’action est variable suivant les dicots. Si l’hiver n’est pas rigoureux, l’efficacité des produits d’automne, type Fosburi® ou Mateno® s’observe notamment à la reprise de végétation en janvier-février, voir mars sur les graminées; avec globalement, une rapidité d’action de Mateno® supérieur à Fosburi® grâce à l’apport de l’aclonifène.

Efficacité sur dicots (J+8), après un passage avec Mateno®

Efficacité sur ray-grass (J+34), après un passage avec Mateno®

Le tour de plaine en pratique

  • Réalisez un tour d'observation, un mois après les traitements.
  • Repérez une zone témoin et comparez-la avec le reste de la parcelle pour visualiser l'efficacité du produit.
  • La zone témoin peut se situer près d'un pylône électrique, au point de démarrage du pulvérisateur.
  • Si vous y trouvez des dicots, elles ont des symptômes caractéristiques : blanchiments, rougissements.
  • Si des graminées restent, elles apparaissent plus chétives, avec une ou deux feuilles en moins par rapport à celles du témoin. Ce signe indique que le produit agit. Par la suite, la graminée va changer de couleur puis se nécroser. Selon les produits utilisés, elle peut devenir blanche ou violette.
  • Une période de froid accélérera également la disparition des graminées.