Labour : dans quels cas est-il efficace ?

Le labour est un bon levier agronomique pour détruire les adventices qui germent dans les premiers centimètres du sol ou pour celles qui ont un Taux annuel de décroissance (TAD) élevé. C’est aussi un mode de désherbage complémentaire d’un programme de traitement.

Les adventices sur lesquelles le labour est efficace

Définition

Il s’agit du pourcentage de graines du stock d’une espèce qui se dégrade au bout d’une année d’enfouissement dans le sol. Les graminées ont des TAD élevés, donc sont vite dégradées, les dicotylédones ont par contre une plus longue durée de vie, surtout pour celles qui lèvent en été comme les renouées et les amarantes par exemple.

Le vulpin

Sa profondeur optimale de germination est de 1,5 cm. Un travail du sol superficiel sur les cinq premiers centimètres favorise sa levée.
En revanche, un labour de 20-25 cm empêche la germination d'une grande partie du stock semencier de cette adventice.
Le TAD du vulpin est de 84%.

Le ray-grass

C’est la même chose que le vulpin, avec cependant un taux de décroissance plus faible (75%) ce qui signifie que le stock semencier diminuera moins vite que pour le vulpin.

La folle avoine

Pour cette graminée, le labour ne sera pas un moyen efficace pour s’en débarrasser.
Elle peut germer jusqu’à une profondeur maximale de 20 cm.
Cependant et comme pour toutes les grosses graines, le TAD est proche de 90% ce qui réduit considérablement le stock d’année en année.

Les graines de bromes

Avec un TAD entre 95-100% ont quant à elles une faible durée de vie une fois enfouie.

Les dicotylédones

Seul 10% du stock semencier lève chaque année, en ajoutant des pratiques agronomiques, il diminue plus vite

Le stock semencier de gaillet, matricaire, bleuet, lampsane commune ou encore de coquelicot, matricaire, s’abaisse significativement après le passage de la charrue.

Ces exemples montrent que le labour est bien l’un des piliers du raisonnement de la stratégie de désherbage durable. Il permet dans des situations de forte infestation, d’échec de désherbage de réduire significativement le nombre d’adventices levées. Les pratiques agronomiques, labour, faux semis, couplées à l’utilisation judicieuse d’herbicides permettent de rendre des situations catastrophiques en situation gérables. Le plus efficace des herbicides ne pourra donner satisfaction que sur 100% des adventices levées et ne détruira sur une année qu’un dixième du potentiel de population présent dans le sol. En effet, seul 10% du stock lève chaque année. En ajoutant des pratiques agronomiques, le stock semencier diminue plus vite.

Pour les adventices qui ont une durée de vie élevée dans le sol (TAD faible), il faudra veiller à ne pas remonter de graines viables par des labours répétés.

L’optimum est donc un labour tous les trois à quatre ans.


Quel est l’impact du labour sur une population de ray-grass ?

Grâce au labour, le taux d’infestation en ray-grass peut diminuer jusqu’à 65%. Tels sont les résultats des essais en blé tendre conduits par Bayer sur la plateforme d’Eaux-Puiseaux dans le cadre de comptages effectués en avril.

Le travail du sol en profondeur, à 25 cm, enfouit les graines. Le stock semencier va fortement diminuer car ces graines ne pourront plus lever. Cette technique ne laisse que 10% de graines en surface contre 90% dans le cadre d’un travail superficiel.

L’effet optimum est obtenu avec un labour tous les 3 ou 4 ans car le Taux annuel de décroissance du ray-grass est moyen (75%), ce qui signifie que seulement 75% du stock est détruit en une année.

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Et le non-labour ?

Le non-labour favorise la levée du chardon, du brome, du gaillet, de la renouée, du liseron et du ray-grass.
Le géranium, peut survivre entre 2 à 8 ans dans le sol et lève dès qu’il est à moins de 2 cm de profondeur du sol d’août à octobre.