Herbinnov Sud en 2020 : l’agronomie en pilier du désherbage

Ondes Midi-Pyrénées (31)

L’épreuve de vérité ! Tel est l’objectif de cette troisième campagne d’essais sur la plateforme de désherbage Herbinnov localisée dans le Sud-Ouest. Deux ans après la mise en place d’un ensemble de mesures agronomiques, leur impact sur la stratégie de désherbage du blé va être évalué. Ce programme est complété par une deuxième zone d’essais centrée sur les itinéraires innovants avec les cultures intermédiaires et le semis sous couvert.

La crise sanitaire nous impose d’annuler toutes nos visites prévues sur nos plateformes régionales HERBINNOV en Juin. Dans cette période, nous nous engageons à vous communiquer régulièrement les actualités de nos différentes expérimentations mises en place sur ces Plateformes.  Autant de thématiques pour lesquelles nous souhaitons vous faire bénéficier de nos observations au travers de vidéos, de témoignages et de visites virtuelles pour vous permettre de tirer le meilleur parti de nos résultats...

Caractéristiques de la plateforme Herbinnov Sud (31)

L’enjeu de la plateforme Herbinnov Sud, implantée en Midi-Pyrénées : venir à bout d’un ray-grass résistant avec, comme impératif agronomique, la préservation du stock de matière organique et la structure du sol en évitant le labour profond.

  • Problématique : ray-grass résistant, 250 pieds/m² en 2017.
  • Rotation : 240 ha de maïs, 300 ha de blé tendre et blé dur, 150 ha de colza, 80 ha de tournesol, 100 ha de soja, 20 ha de légumes, 10 ha de légumes bio
  • Plateforme : 0,3 ha
  • Agronomie : expérimentation scindée en quatre modalités effectuées en 2017 : avec et sans labour, avec et sans décalage de la date de semis du blé. Une autre parcelle est réservée au semis sous couvert végétal.

Retrouvez tous les résultats 2019.

Quels sont les effets des leviers agronomiques sur la construction des différents programmes de désherbage ?

La parcelle Herbinnov Sud déménage ! Mais de 600 mètres seulement, juste pour revenir là où ont commencé les essais lors de la campagne 2017-2018.

Il ne s’agit pas de faire table rase des précédentes campagnes d’essais, bien au contraire, mais de vérifier, deux ans après, quels sont les effets des leviers agronomiques sur la construction des différents programmes de désherbages.  « Nous partons de l’hypothèse que l’agronomie doit non seulement abaisser la pression adventice, mais elle doit aussi faire baisser le coût du désherbage de façon conséquente », explique Dominique Papot, ingénieur conseil cultures et environnement. « Donc, cette année nous vérifions ce que nous pressentons.Le programme de désherbage le plus léger, donc le moins onéreux, donnera-t-il la plus grande satisfaction ? »

« Nous partons de l’hypothèse que l’agronomie doit non seulement abaisser la pression adventice, mais elle doit aussi faire baisser le coût du désherbage de façon conséquente. »

Dominique Papot
Ingénieur conseil cultures et environnement

Les quatre programmes de désherbage : prélevée, double automne, automne puis sortie d’hiver, et sortie d’hiver seule, sont réalisés sur cet ancien essai dont une partie seulement a été labourée en 2017. Les terres de cette ferme n’avaient pas été labourées pendant quinze ans ! Sur cette parcelle, à cette même période, un blé a été semé soit de façon précoce, soit tardivement.

En mai 2019, la parcelle a reçu un tournesol, derrière une couverture végétale de phacélie implantée à l’automne 2018. En théorie, moins de ray-grass seront détectés en novembre sur la partie non labourée.

Du blé est à nouveau semé sur cet essai à l’automne 2019, classiquement fin octobre, lorsque les conditions météorologiques le permettent.

Itinéraire innovant : le semis sous couvert végétal pour contrarier la levée des ray-grass

L’expérimentation ne s’arrête pas à la vérification de la pertinence des leviers agronomiques classiques par rapport aux programmes de désherbage, elle explore des voies innovantes, mêlant travail du sol, cultures intermédiaires et rotation. Elle s’inscrit dans la continuité des essais engagés en 2019.

Ainsi, une zone de trois hectares, à 800 mètres de la plateforme de désherbage, est semée avec un mélange de phacélie, féverole et radis chinois. Ces cultures ont chacune une longueur de racines différentes. Leur rôle ? Préserver le sol de l’érosion et le restructurer avant l’implantation du maïs.

Les interventions prévues sur l’essai :

  • Programmation d’un semis de maïs pop-corn avec passage de strip-till. Seule la zone de semis sera travaillée et l’inter-rang sera couvert par l’interculture dont la croissance sera arrêtée. Cette expérience, déjà conduite en 2019, est réitérée pour mieux appréhender la technique et adapter le matériel de l’exploitation.
  •  Un désherbage sur le rang sera effectué sur 40 % de la surface avec un herbicide en pré-levée du maïs et appartenant à autre famille chimique que ceux destinés aux céréales.

« Un problème de désherbage ? La solution efficace, visible immédiatement, c’est le labour derrière une céréale infestée. »

Dominique Papot
Ingénieur conseil cultures et environnement