Herbinnov : les résultats de 5 années d’essais pour un désherbage efficace et rentable

Depuis 5 ans, les équipes Bayer travaillent la problématique du désherbage en grandes cultures sur une plateforme d’essais pluriannuels située à Coutevroult (Seine-et-Marne). Ce dispositif, dénommé « Herbinnov », vient de délivrer ses enseignements consolidés : face aux adventices, seule une approche globale, combinant différents outils, s’avère efficace. L’année 2018 marque un tournant pour Herbinnov avant de devenir en 2019 un « dispositif multirégional ».

Herbinnov 2018 – Plateforme de Coutevroult (77) – 253 agriculteurs et distributeurs autour des 43 experts sur la plateforme d’essais.

S’il ne fallait retenir qu’un message fort des cinq dernières éditions d’Herbinnov ? Pour contrôler les adventices et faire face aux phénomènes de résistances, pas de solution unique. L’efficacité passe par la diversité et la combinaison des pratiques culturales : rotation, chimie et agronomie.

En préambule

La plateforme Herbinnov, dédiée à la gestion responsable des herbicides, et conduite de 2013 à 2018, est située à Coutevroult (77) sur l’exploitation de Julien LEVESQUE :

- Superficie : 4 ha

- Type de sol : Limon argileux battant

- Parcelles artificiellement drainées

- Flore dominante : ray-grass

Une situation initialement difficile avec une forte infestation de ray-grass.

Cette plateforme est caractérisée par la présence de ray-grass en début de résistance aux herbicides du groupe HRAC B (inhibiteurs de l’ALS). En 2015, l’infestation mesurée varie entre 150 et 800 plantes/m² dans les témoins non traités.

Rotation : les cultures de printemps, alliées de choix contre les adventices

La construction de la rotation constitue un des premiers piliers. L’implantation de betteraves ou de pommes de terre, en tant que cultures de printemps, est en soi un levier efficace afin de perturber le cycle de certaines adventices, comme le vulpin ou le ray-grass, dont les levées s’échelonnent entre l’automne et le printemps. Les expérimentations poursuivies en 2018 à Coutevroult ont confirmé l’importance de la rotation. La rotation est donc une des solutions qui peut être envisagée dans la stratégie de désherbage des agriculteurs.

« Les cultures de printemps ouvrent la porte à d’autres familles d’herbicides, utiles pour contrarier l’installation de résistances. Mais la différenciation des leviers ne concerne pas que la chimie. Le labour, avant la pomme de terre, ou le binage, dans le cas du maïs, sont des solutions agronomiques en plus, par rapport à d’autres cultures d’hiver »

Guillaume Chancrin
Responsable Technique Herbicides Céréales chez Bayer

Diversification des modes d’actions chimiques pour une efficacité améliorée

Les résultats présentés dans le cadre d’Herbinnov ont démontré l’importance de jouer sur plusieurs familles de molécules. Sur la période 2014-2018, sans alternance dans les modes d’action, l’efficacité sur le désherbage des cultures de blé et maïs diminue année après année.

Introduire la diversité chimique (programme, mélanges) dans le temps : ça paye !

Désherbage : le retour à la normale est possible en réintroduisant de la diversité chimique

L'efficacité du désherbage reste supérieure à 95 % quand les familles d’herbicides sont combinées.

« Même dans le cas d’une récurrence des traitements d’une même famille sur quatre ans, l’introduction d’un nouveau mode d’action en année 5 permet directement un regain d’efficacité »

Guillaume Chancrin
Responsable Technique Herbicides Céréales chez Bayer

L’indispensable renfort de l’agronomie

Un autre levier pour renforcer l’efficacité d’un programme chimique : l’agronomie. Exemple dans une rotation blé-blé-colza-blé-betterave : deux labours effectués sur cinq ans, additionnés d’un binage sur la culture de betterave et d’un décalage des semis de blé, ont limité les fluctuations d’efficacité, même dans le cas d’un programme chimique peu diversifié. Grâce au renfort de l’agronomie, l’efficacité du désherbage progresse très clairement lors des années de changement de cultures et de travail du sol.

L'agronomie est importante pour pérenniser le désherbage mais sans diversité chimique, l'agronomie ne suffit pas