Fusariose : une maladie, plusieurs champignons

Une petite vingtaine d’espèces responsables de la fusariose sévit au champ. Les plus souvent rencontrées sont Fusarium graminearum, F. culmorum, F. avenaceum, F. tricinctum, Microdochium nivale et majus.

Définition

Les fusarioses des épis du blé sont dues à des agents pathogènes de deux genres différents : le groupe Fusarium spp. et le groupe Microdochium spp. Microdochium est représenté par deux espèces : M. nivale, la plus fréquente et M. majus. Ces espèces ne produisent pas de mycotoxines. Elles s’infiltrent à l’intérieur du grain et peuvent en altérer les propriétés germinatives.

Cinq espèces majeures sont présentes en France dont F. graminearum, espèce dominante sur le territoire et F. culmorum. Tous les Fusarium sont susceptibles de produire des mycotoxines.

Les espèces du genre fusariose s’installent en superficie et à l’intérieur du grain. Elles émettent des mycotoxines qui diffusent à l’intérieur.

Nuisibilité

Sur le blé, les pertes de rendement peuvent atteindre 15 à 30 qx/ha. La maladie affecte la qualité sanitaire de la récolte, les Fusarium spp produisant des mycotoxines en quantité diverses.

Les mycotoxines endommagent la qualité technologique des grains (baisse du PS, PMG, faculté germinative) et pénalisent la plupart des débouchés.

Conséquences

Maladies et risques sur le rendement et qualité des grains

Le rendement est fortement affecté par des maladies comme la rouille et la septoriose, alors que la fusariose impacte prioritairement la qualité des grains.

  Rouilles Septorioses Fusarioses
Rendement ••• ••• ••
Qualité •• •• •••

Cycle

Les cycles épidémiologiques des champignons responsables de la fusariose sont assez mal connus. Les facteurs climatiques et agronomiques influencent fortement leur développement, mais diffèrent d’une espèce à l’autre.

F. graminearum sera prépondérant dans toutes les régions françaises, les régions les plus froides s’identifiant comme le terrain de prédilection de Microdochium.

Dans le cas de Fusarium graminearum, les asques se développent et expulsent à maturité les ascospores (spores de reproduction sexuée) en mai-juin, lorsque l’humidité est suffisante. Ces spores sont dispersées par le vent sur les feuilles et les épis. Elles forment les bases de la contamination primaire.
Les conidiospores (spores des fructifications asexuées), présentes sur les résidus de culture ou aux premiers étages de la plante, se propagent par l’effet splashing au niveau des étages supérieurs jusqu’à l’épi qu’elles contaminent en germant au travers des anthères.

Pour la dispersion de Microdochium, les éclaboussures de pluie ou effet splashing tiennent un rôle important. Une goutte de pluie tombant au sol, capture la conidie et l’emporte sur une feuille lorsqu’elle rebondit. La propagation s’effectue ainsi, de façon ascendante, jusqu’à la fleur.

Pour aller plus loin :