Capital Propreté Parcelles - Comment bien démarrer la campagne de désherbage ?

C’est au moment de la moisson qu’il faut anticiper la gestion de l’inter-culture ainsi que la préparation du sol et du semis pour la culture suivante. Tenir compte du salissement des parcelles ou îlots de parcelles permet de faire les bons choix de techniques culturales.

« Beaucoup de techniques culturales engendrent des pertes de rendement à court terme : par exemple -10/15% de rendement lors d’un décalage de semis, ou un rendement à 50 q/ha pour l’orge de printemps au lieu de 90 q/ha pour du blé, augmentation des charges de mécanisation. À un moment donné, il faut accepter de perdre pour gagner demain. »

Cyprien Lasnier
Ingénieur Technique

L’assolement de la prochaine campagne est décidé et la rotation programmée parcelle par parcelle.

L’outil « rotation » pour maîtriser les mauvaises herbes a déjà été intégré quand c’était possible. Désormais, il est temps de définir la bonne stratégie pour préserver le Capital Propreté de chaque parcelle. Un choix à faire en fonction du précédent cultural, de la culture en place, du type de flore, de son niveau de pression, des échecs éventuels de l’année en cours et de la présence ou non de résistances et, bien sûr, du coût de ces leviers agronomiques. Petit tour d’horizon des avantages de chaque conduite culturale.

Les principaux leviers utiles pour baisser la pression adventices

 

"Désormais la chimie n’arrive plus à sauver la parcelle, ni les erreurs de techniques culturales précédentes et ça c’est difficile à faire passer aux agriculteurs, car jusqu’à présent, on a toujours trouvé une nouvelle matière active qui permettait de détruire les adventices. Quand c’est la firme chimique qui lui dit qu’il n’y a plus de solution, il y a une prise de conscience." Cyprien Lasnier, Ingénieur Technique chez Bayer

Cependant, "Le tout chimique sans agronomie, c’est à coup sûr la catastrophe. Jusqu’à présent, les agriculteurs pensaient que les firmes allaient sortir de nouveaux produits très efficaces. Tout cela est fini, la recherche ne promet rien d’ici 8-10 ans. Agronomie et chimie, sont indissociables. À terme, on n’a pas le choix et c’est beaucoup plus rentable." Eric Dabouineau, Ingénieur Technique chez Bayer

Labour, faux-semis, décalage de semis, désherbage mécanique… Avant l’utilisation d’herbicides, de nombreux leviers et associations de techniques culturales sont possibles dans l’itinéraire technique pour un désherbage efficace. Le recours à ces leviers non-chimiques permettra de diminuer efficacement la pression adventices afin de limiter la concurrence avec la culture et de mettre les herbicides dans les meilleures conditions pour une efficacité maximale.

Les pratiques culturales seront bien sûr à choisir en fonction de l’équipement de l’exploitant et des caractéristiques des parcelles. Elles peuvent se succéder pour accentuer leur effet sur la flore adventice.

Le labour

On l’utilise pour enfouir les graines ou pour rattraper un échec. Il est recommandé tous les 3 à 4 ans. Le labour est puissant contre les graminées à fort taux annuel de décroissance (vulpin, ray-grass, brome). 

Le faux-semis

Il a pour but, entre autres, de faire lever et détruire les adventices avant l’implantation de la culture. Il est efficace contre les adventices d’automne comme le vulpin et dans une moindre mesure le ray-grass. On le combine avec un décalage de semis pour plus d’efficacité.

Le décalage de la date de semis

Un décalage de 3 semaines par rapport à la date classique permet de limiter la concurrence et d’esquiver la période de levée préférentielle des adventices. Cette technique est très efficace mais elle diminue le nombre de jours disponibles pour le semis et les traitements ultérieurs. Ce levier est à privilégier sur les parcelles très infestées.

En pratique, s’adapter au précédent et à la culture suivante

« Si la parcelle est propre, il faut essayer de préserver ce capital et faire d’autres cultures, pas que du blé. Il faut raisonner au niveau global, faire un calendrier pluriannuel : réfléchir à quel levier à quel moment, quand caler un labour ou autres techniques culturales, etc. Bref, anticiper ! »

Cyprien Lasnier
Ingénieur Technique

Précédents récoltés tôt (blé, colza ou pois protéagineux)

Il faut adopter une stratégie globale.

Celle-ci peut inclure :

  • Déchaumage
  • Éventuels désherbages chimiques en inter-culture
  • Choix de variétés donc des dates de semis
  • Labour
  • Faux-semis
  • Programme d’automne en fonction de la date de semis et de l’infestation attendue

Précédents récoltés plus tard (betteraves, maïs)

Il est difficile de programmer a priori les conduites culturales.

Il faut faire preuve de souplesse et adapter les pratiques en fonction des conditions pédo-climatiques de l’exploitation après récolte (selon date de récolte, météo suivant les récoltes, état du sol…).

Mais

  • Parcelles souvent plus propres car issues de cultures de printemps, moins favorables au développement des adventices des céréales.
  • Dates de semis plus tardives, moins favorables aux adventices des céréales.