Botrytis de la vigne

Le goût moisis-terreux du vin, c’est le botrytis ! Encore appelé pourriture grise (Botrytis cinerea), il s’attaque aux organes verts des ceps de la vigne. Mais ses principaux dommages se concentrent sur les baies. En contrôlant la densité du feuillage, sa propagation peut être contenue. Un traitement programmé lors de la formation de la grappe évite l’installation du champignon. Une solution de biocontrôle peut s’appliquer jusqu’à un jour avant la récolte.

Profil de la maladie

Leviers agronomiques

Le développement du botrytis s’effectue de proche en proche grâce au mycélium et par dissémination aérienne et/ou pluviale des spores (conidies). Pour diminuer le risque de contamination, des mesures préventives sont indispensables afin de créer des conditions moins favorables au développement du champignon. Le contrôle de la vigueur des pieds limite le tassement des feuilles, la compacité des grappes et favorise l’aération de la zone fructifère. La pénétration des produits phytosanitaires est améliorée. Parmi les mesures :

  • l’adaptation de la fertilisation,
  • l’enherbement entre les rangs,
  • les travaux en vert (rognage, effeuillage, éclaircissage, ébourgeonnage)
  • le mode de palissage et de taille.
La maîtrise de l’état sanitaire évite toute blessure qui constituerait une porte d’entrée pour le champignon (contrôle du mildiou et de l’oïdium, protection contre les vers de la grappe).

Conseils phytosanitaires

Pour lutter contre le botrytis, les mesures prophylactiques sont à combiner avec une protection biologique et chimique de la vigne. L’objectif du traitement est double :

  • Limiter l’installation précoce du champignon
  • Protéger les baies en phase de grande sensibilité et lors du développement épidémique du botrytis.

En période d’installation du botrytis

Le traitement se positionne de préférence aux stades précoces, de la fin floraison à la fermeture de la grappe, en une ou deux interventions (stades A à B avec des produits conventionnels, en privilégiant les plus performants). Les stratégies à deux applications sont à réserver aux situations les plus sensibles.

En période de risque de développement explosif du botrytis

Si le traitement fongicide est tardif, après le début véraison, la protection doit être adaptée aux conditions climatiques et à la sensibilité de la parcelle. Les produits de biocontrôle, d’origine naturelle et qui disposent d’une absence de limite maximale de résidus, viennent alors compléter les produits conventionnels puisqu’ils s’utilisent jusqu’à un jour avant récolte. C’est le cas de Serenade Max®, une solution naturelle à base de bactéries Bacillus subtillis. Afin d'éviter la sélection de souches de botrytis résistantes, il est recommandé d’appliquer un seul produit par famille chimique et par an. La qualité de la pulvérisation, localisée sur la zone de la grappe, joue un rôle fondamental dans la lutte contre le botrytis :
  • Un bon réglage du pulvérisateur
  • Une surveillance des facteurs influant sur la qualité : climat, dose, type de diffuseur et de buses, etc.

Outils et services

Pour positionner au mieux ses produits, le viticulteur peut s’aider de l’outil d’aide à la décision Movida. A partir de 2019, l’OAD prendra en compte le risque botrytis. Et en 2020, grâce à l’évaluation de la surface foliaire par télédétection, il sera possible d’adapter les préconisations sur les doses de produits. Movida répond aux enjeux de la viticulture durable : moins de traitements, plus de souplesse dans l’application des produits, plus d’efficacité dans la gestion des chantiers.