Bien comprendre le système Virus - Insecte- Plante

Une maladie virale résulte des interactions entre les membres d’un pathosystème complexe composé de 3 partenaires interdépendants : le Virus, l’Insecte et la Plante. Comprendre ce triptyque pour les 2 principales maladies virales touchant les céréales (la JNO et la maladie des pieds chétifs) est indispensable pour mettre en œuvre des moyens de lutte adaptés.

DISSÉMINATION DES VIRUS LORS DU CYCLE CULTURAL

LES PLANTES

Les plantes apportent les éléments nécessaires au développement des insectes (sève élaborée) et indispensables à la multiplication des virus (machinerie cellulaire). Il s’agit soit de plantes cultivées (céréales à paille, maïs) soit de plantes de l’environnement, annuelles (graminées) ou pérennes (Prunus) selon la période de l’année. Les plantes sont plus ou moins sensibles à l’infestation par les insectes et à l’infection par les virus.

À l’échelle du paysage agricole, chaque plante participe à la construction d’une zone plus ou moins favorable au développement épidémiologique de la maladie virale. Identifier où sont les réservoirs à virus (repousses, graminées, maïs…) et à quel moment ils sont potentiellement porteurs de virus, est important à prendre en compte pour appréhender les risques et raisonner efficacement la lutte.

LES VIRUS

Les virus sont pris en charge par leurs insectes vecteurs (acquisition) lorsque ces derniers s’alimentent sur une plante.

Les particules virales de JNO et de WDV sont uniquement présentes dans les cellules des vaisseaux conducteurs de sève et dans la sève élaborée. Cependant, la répartition de ces virus dans les plantes infectées (système racinaire et feuilles) peut être hétérogène, avec des zones fortement concentrées et d’autres quasiment indemnes de virus.

Cicadelle (Psammotettix sp.), seule vectrice du virus des pieds chétifs. Chaque génération passe par 5 stades larvaires (en haut) avant de donner l’adulte (en bas).

À 20 °C, un aptère peut donner naissance à 120 larves et chaque larve atteindre le stade adulte en huit jours !

LES INSECTES

Les pucerons et les cicadelles présentent des différences biologiques notables (voir tableau ci-contre) influençant leur capacité de vection de particules virales. Ils sont capables de s’installer et de se reproduire sur de nombreuses graminées. Puceron (Rhopalosiphum padi), principal vecteur de la JNO, et sa descendance reproduite par parthénogénèse (= les individus sont des clones).

Quand le virus est inoculé à la plante, il est impossible de l’en débarrasser. Il est donc primordial de mettre en place des méthodes de lutte en amont de l’inoculation virale, c’est-à-dire de lutter contre les vecteurs pour limiter la transmission et donc la nuisibilité.

Vidéo

Avancées des connaissances sur les cicadelles et la maladie des pieds chétifs - E.Jacquot INRA

Avancées des connaissances sur les cicadelles et la maladie des pieds chétifs - E.Jacquot INRA

Le virus est constitué d’une coque de protection (la capside en photo ci-contre) qui protège le génome viral : un brin d’ARN (pour la JNO) ou un brin d’ADN (pour les pieds chétifs).