Colza, une culture rentable et performante

Le colza a de multiples atouts agronomiques, économiques et environnementaux. Rentable et performante, la culture colza a toute sa place en tête de rotation.

De nombreux débouchés

Le colza a de nombreux débouchés, dans l’alimentation humaine comme l’alimentation animale, la chimie verte mais aussi l’énergie, avec sa transformation en biocarburants.

Sur un hectare de colza, sont produits 2 tonnes de tourteaux, la partie protéique valorisée par les animaux ; 500 litres d’huile alimentaire ; 1.000 litres d’huile pour les biocarburants et 100 kg de glycérine à destination de la chimie.

Avec une production annuelle de 5.100.000 tonnes par an, la France est le premier producteur européen.

Et si le colza s’invitait dans les assiettes des consommateurs

D’ici 2022, peut-être consommerons-nous des protéines de colza, en plat ou en boisson. Le groupe Avril et la société néerlandaise DSM ambitionnent de valoriser ces protéines, dont les qualités sont déjà bien connues en alimentation animale. Ces protéines seront transformées en poudre à incorporer dans différentes préparations, boissons, plats… Cette nouvelle valorisation du colza est une réponse à la forte demande en protéines végétales. La transformation se fera sur le site de Saipol, près de Dieppe.

Une tête de rotation aux nombreux atouts agronomiques

Au niveau agronomique, le colza ne manque pas d’intérêts. C’est une bonne tête d’assolement. Il y a un gain de 10% de rendement entre un blé de colza et un blé de blé. Par sa robustesse et sa durée de culture, le colza a de bonnes capacités de compensation en cas d’accident.

Le colza, qui est une crucifère, rompt le cycle des ravageurs, des maladies et des mauvaises herbes, ce qui permet la réduction des risques sur la culture suivante de céréales, qui, elles, sont des graminées. C’est particulièrement vrai pour le piétin verse, les fusarioses et le piétin échaudage.

Cet effet sur les pathogènes est aussi bénéfique pour le risque mycotoxines du blé qui suitLe colza est l’un des précédents, avec le pois, qui permet le mieux de s’affranchir du risque DON (risque d'accumulation du déoxynivalénol), y compris en non labour.

Le colza améliore également la teneur en matière organique du sol. La restitution de carbone humifié par les résidus est nettement supérieure à celle des autres cultures.

Des intérêts environnementaux

Le colza est aussi une culture intéressante pour l’environnement, déjà par ses débouchés. Les biocarburants issus du colza économisent des ressources fossiles et sont produits à proximité des lieux d’utilisation. De même, les tourteaux, destinés à l’alimentation animale, évitent d’importer du soja.

Le colza est une pompe à nitrates. Semé tôt, il mobilise des quantités importantes d’azote à l’automne et durant l’hiver, c’est-à-dire quand les pertes de nitrates par lessivage sont les plus sensibles. Les repousses de colza sont un couvert efficace dans les zones vulnérables. Leur maintien en été permet d’absorber une bonne partie de l’azote minéral présent dans le sol et de réduire fortement le risque de lessivage hivernal sous la céréale qui suit.

Le colza est une plante mellifère, visitée par de nombreux insectes pollinisateurs dont les abeilles domestiques. Le colza est d’ailleurs la première grande ressource florale disponible pour les abeilles en sortie d’hivernage. Par son cycle long, le colza offre un refuge pour de nombreuses espèces d’insectes, d’oiseaux et de mammifères.

Le colza est une plante qui n’est pas arrosée l’été. Le colza permet une meilleure infiltration de l’eau grâce à ses racines pivotantes. Souvent cultivé en non labour, il affiche également une longue couverture du sol et contribue à lutter contre l’érosion.

Il existe des alternatives à certaines interventions phytosanitaires, sous forme de biocontrôle, par exemple avec le fongicide Rhapsody®semis avec des plantes compagnes, par exemple légumineuses gélives, pour réduire le besoin d’herbicides, binage pour remplacer un passage d’herbicide.

Une culture rentable

Même si le prix de la graine est variable, la maitrise des intrants permet au colza de tirer son épingle du jeu en terme de rentabilité économique. D’un suivi sur 10 ans, la chambre d’agriculture des Pays de la Loire a montré que le colza permettait souvent de tirer la meilleure marge brute, à égalité avec un blé. Grâce à sa forte capacité de compensation, le colza a des rendements moins fluctuants que ceux d’autres cultures, blé par exemple. La culture de colza permet un produit brut par hectare assez stable. Il était de 1368€/ha en 2017, contre 1144 €/ha pour le blé.

Le colza, un produit brut/ha à l'année stable