Toutes les questions que vous vous posez sur le désherbage en grandes cultures

À l’occasion des Herbinnov en région, évènement annuel dédié aux problématiques de désherbage en grandes cultures, vous nous avez posé un certain nombre de questions. Des interrogations clés sur la rentabilité de vos cultures ou les différents leviers agronomiques que nous avons décidé de réunir sur cette page pour vous fournir des réponses courtes mais précises, s’appuyant sur les expérimentations que nous menons au champ depuis 5 ans.

« Comment gérer au mieux les résistances ? », « Quelle efficacité réelle peut-on attendre des solutions phyto du moment ? », « Quelles leviers agronomiques pour limiter l’utilisation des intrants ? », « Labour ou non labour ? », « Comment gérer le stock semencier ? »… Les questions autour du désherbage et de la rentabilité des exploitations sont récurrentes et nombreuses sur les plateformes Herbinnov. Nous débutons cet article avec deux questions sur le labour et l’efficacité des programmes de désherbage. Nous enrichirons cet article au fil des semaines avec de nouvelles questions collectées pendant les dernières journées d’Herbinnov en région.

« Il faut que l’on conserve l’équilibre de nos sols et le labour peut ne pas répondre à cet objectif. Que doit-on faire au final ? Quel est le meilleur compromis entre un labour ou un non labour et à quelle profondeur ? »

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Visite de la plateforme avec Jean-Claude Labit (agriculteur)

Visite de la plateforme avec Jean-Claude Labit (agriculteur)

Si le recours trop fréquent au labour peut avoir des effets contre-productifs pour la fertilité des sols, il reste un levier efficace pour la maîtrise de la flore adventice, notamment en cas de forte infestation. La plupart des graines d'adventices étant incapables de germer au-delà de 10 cm de profondeur, un labour effectué à 25 cm de profondeur permet d’enfouir jusqu’à 90% du stock de semencier présent en surface et d’enregistrer des gains très significatifs (ex : jusqu’à 65% en ray-grass sur BTH). Le labour permet aussi de lutter conjointement contre certaines maladies comme la septoriose du blé ou la fusariose.

Encore faut-il éviter de ramener à la surface le stock restant de ces graines les années suivantes. Pour cela, on se base généralement sur un taux annuel de décroissance du stock semencier de l’ordre de 75% — la plupart des graminées décroissent plus rapidement — pour recommander un labour tous les trois ou quatre ans, le temps que le stock semencier enfoui ait quasiment été réduit à néant. Ce rythme permet par ailleurs de limiter un travail trop fréquent du sol et l’impact négatif que cela peut avoir sur la flore microbienne dont dépendent vos cultures.

Consultez notre article Le labour, une technique toujours d’actualité pour mieux comprendre l’impact du labour sur les principales adventices.

« En fonction des coûts de désherbage et des différentes mesures agronomiques que l’on peut mettre en place, au final, quelle marge me reste-t-il ? »

Si la marge varie d’une exploitation à l’autre, les tests réalisés sur nos plateformes Herbinnov depuis 2015, sur des assolements Blé – Colza – Blé, montrent bien que la rentabilité par hectare est la plus haute lorsque l’on combine des modes d’action chimiques diversifiés (traitement d’automne et de sortie d’hiver) et les principaux leviers agronomiques disponibles (labour, faux- semis, décalage de la date de semis, rotatation des cultures).

Ci-dessous le graphe compare les différentes stratégies de désherbage et démontre que la marge disponible une fois que l’on a déduit le coût du désherbage est bien plus élevée, dès lors que l’on exploite les trois leviers agronomiques ou que l’on ajoute un traitement à l’automne (+ 1 677 €/ha et + 1 437 €/ha respectivement). Ce gain à l’hectare continue à croître — même si c’est de façon moins spectaculaire — si l’on combine agronomie et chimie (133 €/ha de mieux qu’avec une approche purement agronomique et 373 €/ha de mieux qu’avec une approche uniquement chimique).

Si tout vaut mieux qu’un semis simplifié accompagné d’un seul traitement en sortie d’hiver, l’analyse économique de la rentabilité à l’hectare révèle que c’est la combinaison de l’agronomie et d’un programme chimique diversifié qui reste le plus rentable en grandes cultures.

Pour plus de détails sur l’analyse économique des leviers de désherbage en grandes cultures, nous vous recommandons la lecture de ces deux articles :