Idée reçue n°2 : « Les résidus de pesticides sont des contaminants alimentaires ! »

Contrairement aux contaminants, dont l’apparition dans les aliments résulte de mauvaises pratiques, la présence de résidus de produits phytosanitaires est parfaitement connue, évaluée, et contrôlée. Elle est réglementée pour être sans risque pour le consommateur.

La présence de résidus de produits de protection des plantes dans les aliments ne peut être comparée à celle de contaminants. L’apparition éventuelle de ces derniers, comme les bactéries susceptibles de se développer dans une denrée décongelée puis recongelée, résulte de mauvaises pratiques lors des diverses étapes de la production, de la transformation, du transport ou de la conservation des aliments. Les résidus de produits de protection des plantes que l’on peut analyser dans les aliments sont pour leur part connus, évalués, réglementés et contrôlés.

« Les LMR sont fondées sur les bonnes pratiques agricoles et visent à garantir le niveau d'exposition le plus faible possible pour le consommateur. »

Sandrine Bonnand
Ingénieure Agriculture Durable

LMR, une limite réglementaire fixée et contrôlée au niveau européen

Les limites maximales de résidus (LMR), exprimées en milligramme de matière active par kilogramme d’aliment, sont les niveaux supérieurs de concentration de résidus de produits de protection des plantes autorisés légalement dans les denrées alimentaires et les aliments pour animaux. Elles sont fixées pour chaque substance active et chaque culture. Etablies à partir d’essais réalisés au champ dans les conditions d’emplois les plus critiques* pour les produits de protection des plantes, elles sont ensuite soumises à une évaluation complète des risques. Elles sont fondées sur les bonnes pratiques agricoles et visent à garantir le niveau d’exposition le plus faible possible pour les consommateurs. Depuis 2008, ces LMR, fixées par la Commission européenne, sont harmonisées au sein de l’Union européenne pour toutes les denrées alimentaires.

*Conditions d’emploi les plus critiques : dose maximale autorisée, délai avant récolte le plus court, nombre de traitements maximisé

Chaque année, les Etats membres sont tenus d’effectuer des contrôles officiels sur les résidus. Les résultats de ces contrôles sont communiqués à la Commission européenne et un rapport est publié par l’Efsa, l’Autorité européenne de sécurité des aliments. Le programme de surveillance des LMR de l’Union européenne constitue l’une des enquêtes sur l’alimentation les plus complètes au monde. En 2014, il couvrait plus de 80 000 échantillons alimentaires, dans lesquels près de 800 molécules de produits de protection des plantes différentes sont analysées. Au niveau européen, le taux de conformité aux LMR s’élève à 97,1 %. Il atteint même 98,4 % pour les aliments produits en Europe. La conformité aux LMR est un gage du respect des bonnes pratiques agricoles par les producteurs.

Les LMR peuvent varier d’une région à l’autre du monde

Les LMR sont harmonisées au niveau de l’Union européenne, par contre elles ne sont pas harmonisées au niveau mondial. Ainsi, en dehors de l’Union européenne, les LMR peuvent varier d’un pays à l’autre, en raison d’usages différents des produits de protection des plantes, mais aussi de règles d’homologation différentes. En Europe les LMR sont fixées aussi basses que possible pour minimiser l’exposition du consommateur.

La législation européenne relative aux LMR couvre les denrées alimentaires et aliments pour animaux produits dans l’Union européenne mais aussi les importations en provenance des pays tiers. Les denrées alimentaires produites en Europe et exportées dans d’autres régions du monde doivent respecter les LMR en vigueur dans les zones d’exportation.