Aire de remplissage et gestion des effluents à la ferme

Un sol en béton étanche, des bacs de rétention, un procédé de traitement des effluents phytosanitaire : l’aire de lavage et de remplissage du pulvérisateur est une étape primordiale dans la lutte contre les pollutions ponctuelles.

Une dalle de béton étanche

À savoir

La préparation de la bouillie phytosanitaire reste l’étape où l’utilisateur comme le milieu naturel sont les plus exposés aux produits phytosanitaires. Alors que l’équipement de protection individuel (EPI) réduit les risques d’exposition des personnes, l’aire de remplissage et de lavage du pulvérisateur est une garantie contre les pollutions ponctuelles.

L’emplacement de l’aire de remplissage et de lavage est un élément déterminant : située à proximité du local phytosanitaire, pour limiter les déplacements à risques, elle doit être adaptée aux dimensions du matériel et aux pratiques de lavage afin de faciliter l’accès du pulvérisateur.

Lors de la construction, les maitres mots sont résistance et étanchéité : richesse du béton, épaisseur, armatures et enduit hydrofuge assureront la longévité de l’ouvrage.

L’aire de lavage doit se situer à

  • 50 mètres des cours d’eau, caniveaux, puits et bouches d’égout
  • 100 mètres des lieux de baignade, points de prélèvement d’eau destinée à la consommation humaine, piscicultures et zones conchylicoles

Sécuriser l’approvisionnement en eau

Une fois la dalle créée, l’étape suivante consiste à organiser l’approvisionnement en eau. Trois critères sont à prendre en compte afin de sécuriser le travail futur.

Le premier concerne la discontinuité hydraulique pour éviter le retour de bouillie vers l’eau Les aménagements peuvent être les suivants : un clapet anti-retour, une cuve intermédiaire surélevée ou une potence à col de cygne (veiller dans ce cas à ce que l’extrémité du tuyau ne trempe pas dans la cuve). Ensuite, la maitrise du volume d’eau reste un point particulièrement important Afin de protéger des débordements et réduire le fond de cuve excédentaire, un dispositif anti-débordement ou un volucompteur à arrêt automatique peuvent suffire. Enfin, le dernier point consiste à réduire au maximum le temps de remplissage pour éviter de relâcher la surveillance Un tuyau à grosse section relié à une vanne ¼ de tour par exemple servira à maximiser le débit de remplissage.

Traitement des effluents

L’aire de lavage a aussi pour intérêt de récupérer et de traiter les eaux usées, que ce soit les eaux pluviales, évacuées vers le milieu naturel, ou les eaux souillées, gérées par un dispositif adapté.

A ce jour, 11 procédés de traitement ont été reconnus comme efficaces par le ministère de l’Ecologie (avis du 15 septembre 2008). Parmi eux, le Phytobac© de Bayer qui utilise le pouvoir épurateur des sols, à travers les micro-organismes, pour dégrader les produits phytosanitaires.

L’aire bétonnée peut aussi servir au stockage du fioul et des engrais liquides : dans ce cas, les citernes sont regroupées dans un bac de rétention double paroi.

Ne pas oublier les bidons

Le traitement des résidus va de pair avec le recyclage des bidons de produits phytosanitaires. Les équipements nécessaires pour recycler sont : un rince bidon mobile ou un incorporateur (si le pulvérisateur n’en est pas équipé), un sac de conditionnement pour stocker les bidons (rincés et égouttés) et un point d’eau.