Nouvelles technologies et stratégie d’entreprise

Le changement, c’est maintenant. Nous sommes dans le processus d’accélération de la transformation numérique. Et selon Frank Garnier, président de Bayer en France et directeur général de Crop Protection, « l’agriculture, extrêmement complexe, peut, plus que tout autre domaine, en profiter ».

En ouverture de la journée, Frank Garnier et Jean-Dominique Séval, directeur général adjoint d’IDATE Digiworld et spécialiste de l’économie numérique, ont débattu des opportunités offertes par les nouvelles technologies.

« Le séquençage de l’ADN a nécessité quinze ans et 2,7 milliards de dollars. Il est aujourd’hui réalisé en deux heures, pour moins de 1 000 dollars »

Frank Garnier
Président de Bayer en France

« Nous sommes à l’étape 3 de la révolution numérique. Après le développement de l’informatique, de l’Internet, nous voici dans le digital : « Big Data », « Cloud », « Intelligence artificielle, économie collaborative, imprimante 3D, robotique… ». Pour Jean-Dominique Séval, l’arrivée à maturité d’un cocktail de technologies accessibles et économiquement abordables permet de créer de nouveaux usages et bouleverse toutes les fonctions de l’entreprise.

L’opportunité de démultiplier la recherche…

Frank Garnier a mis en avant le fait que cette révolution numérique permet d’accélérer les processus de recherche et développement et la mise au point de nouvelles solutions. Des perspectives exceptionnelles s’ouvrent, tant dans le domaine de la santé humaine que dans celui de la protection des plantes. De nouvelles voies d’amélioration sont à explorer : spécialités de protection des plantes intégrant le biocontrôle et les interactions sol-plante, pilotage plus précis des intrants, solutions pour améliorer la sécurité de l’utilisateur, ...

« Il faut travailler sur la complémentarité des expertises pour être ensemble beaucoup plus rapides, plus intelligents », ajoute-t-il. Bayer vise une culture commune de l’innovation : dans l’entreprise, en faisant travailler ensemble toutes ses équipes de recherche et développement, mais également avec ses partenaires et avec les consommateurs. L’émergence d’une combinaison de produits et de services est alors possible.

… d’innover dans tous les domaines

« La vague d’accélération de la transformation numérique a déjà impacté de nombreux secteurs comme la musique, la presse… et bien sûr, l’agriculture », poursuit Jean-Dominique Séval. La ferme numérique existe déjà, avec ses capteurs, ses objets connectés, ses robots, ses pilotages par smartphone… Un nouvel âge de la surveillance et du savoir émerge. Des moyens qui semblaient impossibles avant le sont aujourd’hui. « Ce qui constitue des opportunités pour de nombreux acteurs, précise Jean-Dominique Séval. De grandes entreprises se positionnent sur ce secteur et des partenariats sont à prévoir. »

Les outils d’aide à la décision vont se multiplier

Frank Garnier a présenté deux applications développées par Bayer :

  • L’application BCS Cowdition est un outil d’aide au diagnostic sur l’état corporel des vaches laitières permettant d’ajuster la ration alimentaire. À l’aide d’un smartphone, l’éleveur prend en photos son animal et obtient des résultats instantanés sur son état corporel.
  • L’application mobile Bayer Focus ravageurs, développée en partenariat avec l’Inra, offre quant à elle le suivi en temps réel de la dynamique des populations d’une vingtaine de ravageurs principaux. « Les cartographies sont actualisées au fil des saisies des agriculteurs, lesquels peuvent bénéficier d’alertes par SMS ou e-mails du nombre de ravageurs présents sur leur région. »

Pour le président de Bayer en France, « c’est grâce à l’innovation que l’on va progresser dans la prudence, pas en demeurant sur un principe de précaution extrême qui fige la technologie ». L’objectif est de partager, de globaliser des données individuelles. « La traçabilité de toutes les pratiques va s’en trouver nettement améliorée. Une intelligence collective va se mettre en place, avec un travail en toute transparence », assure-t-il.

Un point sur lequel s’accorde Jean-Dominique Séval. Selon lui, le numérique va faire entrer l’agriculture dans un nouvel âge de la gestion des ressources grâce à des outils simples sur l’exploitation. « C’est un gage de réassurance pour le grand public », explique-t-il.

Le moyen de changer la perception du monde agricole

Selon Frank Garnier, les nouvelles technologies peuvent aider à améliorer la perception des filières agricoles par le grand public. Sondage BVA à l’appui, le président de Bayer en France montre la méconnaissance du monde agricole par le grand public. « Il faut désormais communiquer sur les faits méconnus qui surprennent positivement, explique-t-il. Frank Garnier souligne la présence de l’agriculture sur la moitié du territoire, identifiée comme deuxième pourvoyeur d’emploi ! « Un secteur économique excédentaire », complète-t-il. Les atouts à mettre en exergue se retrouvent aussi dans les pratiques : « L’installation de bandes enherbées, les dosages de produits plus précis grâce aux technologies sophistiquées, la prise en compte par les agriculteurs de nombreux critères dans leurs décisions… ». Et de conclure que « faire comprendre au grand public que l’innovation améliore l’agriculture est un défi à relever ».