Les nouvelles technologies au service d’une agriculture durable

La révolution numérique est déjà une réalité sur les exploitations et va aider au développement durable de l’agriculture. La mise au point d’applications concrètes et utiles utilisant les nouvelles technologies sera accélérée en fédérant l’ensemble des acteurs.

L’Université 2016 de Bayer a donné l’occasion à différents intervenants de débattre autour des nouvelles technologies. Et de montrer que la digitalisation offre de nombreuses opportunités d’innovation pour répondre aux enjeux globaux de la planète.

« Le besoin de croissance de la productivité agricole est estimé à 60 % en 2050, précise Marie-Claire Grosjean-Cournoyer, directrice des affaires scientifiques chez Bayer. Cette augmentation se fera avec l’amélioration des techniques culturales, la mécanisation, la fertilisation, la protection des cultures, la sélection, la biotechnologie. » Or les nouvelles technologies permettent des avancées extraordinaires dans chaque secteur : nouvelles molécules, microbiologie, sélection variétale, machinisme, « big data ». « Les solutions intégrées des cultures contribueront à la sécurité alimentaire, avec le challenge de la durabilité des exploitations et de l’agriculture », poursuit-elle.

Une indispensable approche partenariale

Pour la directrice des affaires scientifiques de Bayer, l’approche partenariale est un véritable accélérateur de l’innovation. La société ne manque pas de multiplier les synergies en interne et les coopérations avec le CNRS, l’Inra, les universités, les instituts techniques, les pôles de compétitivité, les start-up et les partenaires privés.

Car le « big data » possède une puissance extraordinaire lorsque l’on partage et croise les données. Encore faut-il savoir utiliser cette multitude de données.

Christian Saguez, président de Cybeletech et vice-président de l’association Agreen Tech Valley, qui vise à promouvoir les technologies numériques du végétal, témoigne également du besoin de fédérer l’ensemble des acteurs : utilisateurs, offreurs de technologies et de services, recherche et formation. Et ce, pour répondre aux défis quantitatifs, environnementaux et économiques auxquels l’agriculture doit répondre. « Les technologies numériques sont matures, note-t-il. Que se soit dans l’acquisition de données, le traitement de leur analyse, la modélisation, l’informatique embarqué, les capacités de stockage, les outils de diffusion et le « cloud computing »… » La valorisation des données visant l’optimisation des pratiques culturales a déjà démarré mais les marges de progrès sont considérables. « Nous avons tout pour réussir, il suffit de fédérer tous les savoirs, les expertises », conclut Christian Saguez.

Mathias Herman, responsable chez Orange des solutions Smart agriculture reposant sur les technologies Machine to Machine, tient le même discours. La société est impliquée dans le partage d’informations et l’élaboration de projets collaboratifs. « En 2015, l’acquisition de smartphones a dépassé les 50 %, donc les applications vont se multiplier, explique-t-il. Mais il faut accompagner les entreprises dans l’utilisation et le partage des données acquises. » D’autant que 90 % des données produites l’ont été au cours des deux dernières années, ce qui laisse envisager qu’elles vont se démultiplier à l’avenir.

Des technologies plus précises…

Le réseau Cléo, qui réunit des Entreprises de travaux agricoles (ETA) haut de gamme dans la maîtrise des nouvelles technologies, prend peu à peu de l’ampleur sur le territoire. « Notre rôle est d’amener l’innovation dans les champs. Nous sommes déjà présents dans douze départements », précise Pierre-Henri Hamon, directeur. Cartographie des rendements, de la qualité des fourrages, semis et pulvérisation de précision, semis de plantes compagnes et dérobées à haute valeur alimentaire… font partie des solutions offertes par le réseau. Des innovations qui, selon Pierre-Henri Hamon, exigent d’évoluer du « combien ça me coûte ? » vers le « combien ça me fait gagner ? ». Et de montrer que grâce au réseau, la modulation de la fertilisation apportée par le système N-Sensor a gagné du terrain. « En 2012, des essais ont été réalisés sur 25 hectares. En 2015, plus de 1 000 hectares ont bénéficié de cette technologie. Avec, à la clé, un gain de rendement de 3 q/ha et une économie de 12 % d’engrais. »

Apporter la bonne dose, au bon moment au bon endroit. Ce principe, déjà suivi par bon nombre d’agriculteurs, le sera encore davantage demain avec les nouvelles technologies.

… pour une agriculture durable

 « Chez Bayer, nous sommes convaincus que le numérique va aider au développement durable de l’agriculture, tout en maintenant des niveaux de rendement élevés », précise Tobias Menne, directeur mondial du Digital farming chez Bayer. Ce département de la société, qui comprend une équipe de 45 membres de 12 nationalités différentes, œuvre, avec les agriculteurs, les distributeurs et les organismes de recherche, à développer la digitalisation de l’agriculture. Ainsi, au Brésil, des capteurs identifient chaque mauvaise herbe et permettent de réduire de plus de 50 % la quantité d’herbicide nécessaire. Au Canada, un sélecteur d’hybrides aide les agriculteurs à identifier l’hybride le plus adapté à chacune de leurs parcelles.

« La France fait partie des pays pilotes avec le Canada, le Brésil, les Etats-Unis et l’Allemagne, précise Camille Monjaret, responsable du Digital farming en France. Nous travaillons sur des outils d’aide à la décision dédiés aux fongicides céréales pour les rendre plus simples, plus intuitifs. Une expérimentation de modulation intraparcellaire de fongicides céréales est menée cette campagne. »