LE MAG DU BIOCONTRÔLE - Épisode 1, saison 2 : Le 100% biocontrôle, réalité ou utopie pour la vigne ?

En vigne, le développement du biocontrôle progresse rapidement. La plupart des maladies et agresseurs de cultures disposent d'une réponse adaptée avec le biocontrôle. Peut-on de fait envisager dans les prochaines années un modèle de vigne utilisant 100% de produits de biocontrôle au cours de leur itinéraire cultural ?

Dans cette nouvelle vidéo, nous nous intéressons aux nombreuses solutions de biocontrôle mises à la disposition des viticulteurs, et partons à la rencontre de Sévérine Dupin, membre de la Chambre d’Agriculture de Grenoble, pour parler du 100% biocontrôle, de ses principaux objectifs, de son avenir, mais aussi de ses limites actuelles.

L’offre de produits de biocontrôle en vigne est conséquente, bien plus que sur d’autres cultures. Si la vigne ne couvre que 3% de la surface agricole utile française, elle est très sensible aux maladies et est une grande consommatrice de produits phytosanitaires - 20% des produits phytosanitaires utilisés chaque année en France le sont pour la vigne (dont 80% sont des fongicides). Pour Séverine Dupin, membre de la Chambre d’Agriculture de Gironde,  « une des explications du fait qu’il y a plus de produits de biocontrôle en viticulture que dans d’autres cultures, est aussi que le souffre, qui est une solution historique pour lutter contre l’oïdium de la vigne, est classé biocontrôle ». L’utilisation de phéromones pour la confusion sexuelle est également très utile pour lutter efficacement contre les ravageurs de la vigne.

De nombreux produits se développent en biocontrôle pour protéger la vigne, comme nous l’explique Sévérine Dupin : « Il y a un vrai objectif de réduction de la quantité de produits utilisés en viticulture pour atteindre les objectifs du Plan Ecophyto et aussi, pour un meilleur vivre, notamment avec les riverains. »

Aujourd’hui, le souhait est de pouvoir proposer des itinéraires culturaux qui intègrent 100% de produits biocontrôle. Cependant, avec les connaissances actuelles, il reste encore des impasses techniques sur certaines maladies, comme le mildiou, qui sont impossibles à gérer en 100% biocontrôle. De plus, la vigne est une culture qui dispose d’une situation de maladie à quarantaine. Pour gérer la cicadelle de la flavescence dorée, des arrêtés préfectoraux obligent les vignerons à traiter avec des produits qui ne sont pas classés biocontrôle. « Quoi qu’il arrive, même si on développe petit à petit des stratégies qui intègrent le plus possible le biocontrôle, certaines maladies vraiment problématiques sur le vignoble et qui pourraient mener à sa destruction, feront que des stratégies 100% biocontrôle ne sont à l’heure actuelle, pas disponibles. »

Les pistes à suivre sont le développement de nouvelles solutions plus performantes, notamment vis à vis du mildiou ou l’utilisation de variétés plus résistantes aux maladies.