Projet Doazit Agri’Eau : des changements de pratiques encourageants

Le projet Doazit Agri’Eau multiplie les expérimentations visant à améliorer les pratiques afin de concilier, de façon durable, production agricole et qualité de l’eau sur un bassin versant. Lancé en 2013, il offre déjà des pistes prometteuses.

Le bassin versant de Doazit, situé dans les Landes, représente un milieu sensible au ruissellement, notamment en raison d’orages violents, de sols limoneux très battants et d’une présence importante de culture de maïs couvrant peu le sol au printemps. Or ces ruissellements conduisent à des risques de transfert de produits phytosanitaires dans les eaux.

« L’objectif est de viser, à terme, une transposition des solutions éprouvées sur le bassin versant de Doazit à d’autres territoires. »

Des actions durables testées puis déployées

Une fois le réseau hydrographique identifié et les risques potentiels de transfert cartographiés, les différents partenaires investis dans le projet Doazit Agri’Eau se sont attachés à expérimenter, avec les agriculteurs, différentes pratiques visant la protection de la ressource en eau.

Afin de poursuivre ces études et essais qui s’inscrivent sur le long terme, le projet, d’une durée initiale de trois ans, a été reconduit. Cette reconduction offre également le temps de déployer, auprès de la majorité des agriculteurs du bassin versant, les actions durables éprouvées.

Des pratiques adaptées et réalisables

Dès 2014, avant que la campagne maïs ne commence, des solutions agronomiques ont été proposées aux agriculteurs afin de limiter les transferts de produits vers les eaux :

  • Techniques culturales simplifiées, non-labour, strip-till

Différents protocoles expérimentaux ont été mis en place pour étudier l’impact du travail du sol sur le ruissellement. Ils ont révélé que sur une parcelle travaillée avec un décompacteur ou un strip-till, le ruissellement est deux fois moindre que sur une parcelle labourée.

À savoir

Les techniques culturales simplifiées, le maintien de résidus de culture et une préparation du lit de semences moins affinée laissent un sol d’une meilleure stabilité structurale, laquelle permet une plus grande infiltration de l’eau.

  • Utilisation d’un cloisonneur inter-rang dans les parcelles en pente pour limiter l’érosion
  • Installation de couverts hivernaux
  • Diversification de l’assolement
  • Désherbage combiné, chimique et mécanique

Des aménagements parcellaires et des investissements collectifs

Une bonne gestion de la pulvérisation et des fonds de cuve, des aménagements parcellaires,… font également partie des solutions mises en place ou envisagées pour protéger les ressources en eau :

  • Installation de haies et de bandes enherbées le long du cours d’eau, au niveau de talwegs et en sortie de parcelles
  • Une bonne gestion des pollutions ponctuelles et une limitation de la dérive sur l’exploitation : des diagnostics Aquasite conduits sur les exploitations ont notamment permis de sensibiliser les agriculteurs aux risques de pollutions ponctuelles liés à la manipulation des produits.
  • Une aire collective de lavage des pulvérisateurs bénéficiant d’un système de traitement des effluents est à l’étude.