Bandes enherbées et zones tampons sèches pour lutter contre le ruissellement

La désignation « zones tampons sèches » recouvre les bandes enherbées, les haies, une combinaison de ces deux aménagements, les terrains boisés et les bosquets, les prairies et les fascines. La fonction principale de ces zones tampons résulte de leurs capacités d'infiltration, même si chacun de ces dispositifs agit différemment contre le ruissellement.

Les bandes enherbées dégradent les résidus de produits

La taille et la composition des bandes enherbées varient selon leur emplacement et l’objectif environnemental recherché. Celles qui sont installées le long des cours d’eau sont appelées « zones tampons rivulaires ». Ces filtres verts sont obligatoires, la largeur minimale est de 5 m (voir focus Contexte réglementaire). Les bandes enherbées présentes sur les pentes constituent des « zones tampons intra-parcellaire ». Des zones en herbe peuvent aussi être maintenues en bordure des parcelles, sur les voies d’accès aux champs. L’activité biologique de la bande enherbée permet de dégrader les substances dissoutes apportées par l'eau de ruissellement interceptée et les résidus organiques et les molécules fixés dans les résidus de culture et dans l’humus superficiel.

Selon la taille de la bande enherbée, le pouvoir filtrant est établi entre 70 et 90% d’efficacité. La largeur optimale pour préserver la qualité de l’eau doit être adaptée en fonction des différents éléments du paysage : longueur et importance de la pente, largeur du cours d’eau, nature et intensité du ruissellement des eaux de pluie, type de sol et de culture.

Les fascines sont efficaces contre l’érosion

Les fascines forment un aménagement linéaire constitué de branchages et disposés en « fagot », à plat sur le sol après creusement d'une petite tranchée, perpendiculairement aux passages d'écoulements concentrés. Elles peuvent être composées de bois mort ou de bois vivant. Les fascines fabriquées avec du bois vivant seront plus coûteuses mais efficaces sur le long terme.

Les haies favorisent la circulation de l’eau dans le sol

L’infiltration de l’eau est facilitée avec une végétation ligneuse pérenne dont les systèmes racinaires sont plus développés. Une haie dont le but est de limiter le ruissellement devra être imaginée la plus dense possible. Le ralentissement est en effet proportionnel à la densité de tiges qui s’opposent à l’écoulement. La présence de feuillage renforce l’effet de ralentissement des écoulements. Les plants seront donc de préférence disposés en quinconce sur deux ou trois rangées, à 50 cm de distance. La densité des pieds recherchée est de 50 pieds par mètre linéaire. Les espèces choisies pour constituer la haie seront idéalement locales. Les fascines, doivent être disposées perpendiculairement aux ruissellements. Les haies pourront être implantées en perpendiculairement aux ruissellements ou pour plus d’efficacité dans le même sens, dans un thalweg par exemple. Haies et fascines peuvent même être associées pour plus d’efficacité, et un ajout de bandes enherbées en amont et aval sera très profitable en situations érosives.

« La multifonctionnalité des aménagements pérennes est à prendre en considération avant leur installation. Au-delà de la préservation de l’eau, la faune et la flore qui se développeront par exemple dans les haies, dépendent du choix des espèces végétales et des modes de tailles. Les essences de bois peuvent aussi être valorisées, tout comme les résidus de taille. »

Les banquettes de terre s’opposent à l’écoulement de l’eau

Elles peuvent compléter les bandes enherbées ou haies. Elles sont situées à la limite inférieure de la parcelle. Elles retiennent les eaux de ruissellement et les particules du sol érodées. Il faudra néanmoins être attentif au positionnement de ces banquettes : une mauvaise orientation pourrait, en concentrant et en redirigeant les écoulements, entraîner plus rapidement encore les eaux de ruissellement vers les milieux aquatiques…

Bon à savoir : Les couverts de graminées denses sont plus efficaces pour ralentir l’écoulement des eaux de surfaces et retenir les particules érodées du sol et les produits phytosanitaires: ils constituent des peignes hydrauliques performants. Les plantes telles que le dactyle, la luzerne et le brome supportent mal les excès d’eau sauf pendant leur repos végétatif ; la fétuque des près et la fléole sont très sensibles à la sécheresse. Dans tous les cas, se reporter aux conseils locaux et aux arrêtés "BCAE" qui existent dans chaque département.

Quatre facteurs influent négativement sur l’efficacité des zones tampons :

  • La saturation en eau du sol qui réduit les capacités d’infiltration et la rétention des particules polluantes ;
  • Un sol compacté, qui dispose d’une capacité d’infiltration moindre ;
  • Les dépôts de sédiments, transportés par le ruissellement. Ils peuvent causer l’apparition de voie d’écoulement concentrée lors des pluies ultérieures en raison de la diminution de la porosité du sol. 
  • La présence de passages préférentiels et de ruissellements concentrés : rigoles, dérayures de labour ou de travail du sol, micro-thalwegs, traces de roues, ...

Nature des zones tampons sèches : tableau récapitulatif