Ensemble, réussir le biocontrôle

La recherche sur les produits de biocontrôle est prometteuse, portée par une dynamique internationale. Les partenariats noués avec les viticulteurs et d'autres sociétés contribuent au déploiement de ces solutions. Cette montée en puissance a été soulignée lors du colloque Bayer « Ensemble, réussir le biocontrôle », rassemblant plus 160 conseillers et prescripteurs agricoles à Paris le 1er octobre.

4 personnes animent le colloque du biocontrôle sur scène, en salle plénière

L’attente est forte du côté des professionnels en vigne, pour obtenir des produits de biocontrôle efficaces, stables et faciles d’emploi. Les voies de progrès se retrouvent du côté de la recherche, mais aussi de l’utilisation de ces produits dans le cadre d’une approche globale de la protection. Les partenariats noués avec les viticulteurs et d’autres sociétés contribuent au déploiement de ces solutions.

Dans ce cadre, les partenariats institués avec les utilisateurs, les conseillers et d’autres sociétés de biocontrôle et de recherche se révèlent des leviers-clés pour obtenir un niveau d’efficacité proche du conventionnel.

« Nos solutions biocontrôle Sonata® et Rhapsody® sont une réussite si l’on travaille ensemble, a introduit Jean-Luc Dedieu, chef marché vigne. L’accompagnement avec un OAD ou un kit de diagnostic moléculaire est nécessaire pour bien les appliquer. Le raisonnement se construit dans le cadre d’une approche globale de l’itinéraire de protection. »

L’implication des viticulteurs dans les expérimentations

L’offre biocontrôle en vigne est marquée, pour cette campagne 2019/2020, par le lancement de l’anti-oïdium Sonata®. Avant sa commercialisation, il a été expérimenté par huit viticulteurs. Ce partenariat aide à progresser dans la prise en main de la solution et à évaluer les outils de pilotage proposés, comme le kit de détection par qPCR de l’oïdium, dans le cas de Sonata®.

Le bilan est plutôt positif car les professionnels viticulteurs sont satisfaits de l’efficacité du produit qui, bien positionné, permet d’économiser jusqu’à deux traitements conventionnels.

Créer les conditions d’une bonne utilisation des produits de biocontrôle

Avec le biocontrôle, les règles de décisions sont différentes : pour repérer les fenêtres d’intervention, le laboratoire Coniphy travaille depuis six ans sur le kit de détection par qPCR de l’oïdium. Hervé Steva, consultant expert en charge du projet, explique la démarche : « Nous recherchons les premières formes de contaminations sur des échantillons de feuilles avant toute expression visuelle. Notre souhait est de proposer une méthode simple, précise et fiable. Sur les quatre derniers millésimes, nous avons obtenu 90 % de fiabilité, soit une détection de spore d’oïdium, ou pas, qui s’est révélée exacte".

L'outil d'Aide à la Décision Movida® permet aussi d’évaluer le risque mildiou et oïdium à la parcelle et de déclencher au bon moment le traitement : l’outil est doté de plusieurs modules, dont la météo qui propose une analyse prévisionnelle à 6 jours

Jouer la complémentarité entre acteurs du biocontrôle

Pour soutenir le biocontrôle, les sociétés doivent pouvoir travailler ensemble pour optimiser les programmes de protection. Ainsi, la société Bioline solutions, qui commercialise des trichogrammes pour contrôler les tordeuses de la grappe, recommande dès la prochaine campagne d’appliquer Sonata® à la place du soufre dans le cadre d’un programme fongicide. Car, les trichogrammes ne supportant pas le soufre, le viticulteur doit attendre au moins quatre à six semaines après une application de ce fongicide avant de placer les diffuseurs.

Cette approche en partenariat simplifie le raisonnement global de la protection.