Tour de plaine : dans quels cas prévoir un rattrapage en sortie d'hiver ?

Selon la pression adventices, les programmes de désherbage peuvent être réajustés en sortie d’hiver en lien avec l’agronomie. Le point sur les seuils de nuisibilité des graminées et dicotylédones, avec les conseils pour bien caractériser ses parcelles et réussir son rattrapage.

Nuisibilité dans la rotation des dix adventices les plus observées en blé

Évaluer la nuisibilité des adventices observées

Définitions

La nuisibilité directe, correspond à la compétition engendrée par une adventice sur la culture pour accéder aux ressources eau, lumière, minéraux.

La nuisibilité indirecte correspond à l’entretien du stock semencier de la parcelle en semences d’adventice par la production de nouvelles graines issues des plantes restantes après le désherbage.

Lors des tours de plaine en hiver, le préjudice sur la culture s’évalue à partir du seuil de nuisibilité lié à chaque espèce recensée. Celui-ci indique le nombre de pieds au m² entraînant une perte de rendement de plus de 5%.

Ce seuil ne tient pas compte de la production de graines susceptibles de germer dans la culture suivante. Le contrôle des adventices est à hiérarchiser en fonction de la rotation. Par exemple, 25 à 30 ray-grass par m² entraînent une perte de rendement de plus de 5% mais, laisser 25 ray-grass par m² dans la parcelle, c’est potentiellement mettre dans le sol 75 000 à 250 000 graines par m² pour les cultures suivantes !

  Seuil de nuisibilité Nuisibilité indirecte
Vulpin 15-20/m² 1 500 à 5 000 graines
Ray-grass 25-30/m² 50 à 3 000 graines
Folle avoine 5-20/m² 500 à 2 000 graines
Pâturin annuel 100/m² 4 000 graines
Coquelicot 22/m² 50 000 à 200 000 graines
Matricaire 22/m² 30 000 à 100 000 graines
Gaillet 1,8/m² 50 à 3 000 graines
Véronique 44/m² 200 à 2 000 graines

« Chaque parcelle est raisonnée. Je suis dans ma parcelle, je la regarde et je me dis que je dois intervenir alors que dans d’autres, il n’y a pas besoin »

Pierre Gauthier
Agriculteur en Charente-Maritime

Les outils d’évaluation de la nuisibilité disponibles en applications mobiles

Pour identifier les plantules présentes, Bayer propose les outils d’aide à la décision (communément appelés OAD)  Gram’ID ou Dicot’ID pour un diagnostic au champ. Ils permettent, en quelques minutes, de déterminer les flores graminées vivaces et dicotylédones. Pour chaque adventice, ils renseignent sur leur nuisibilité. Ils expliquent comment la nature du sol ainsi que les paramètres agronomiques et climatiques compliquent le contrôle des adventices identifiées.

L'outil Climate FieldView Prime vous permet aussi d'optimiser votre tour de plaine, grâce au digital (cartographie de santé des plantes, carte de consommation d'eau et d'évapotranspiration des cultures...). Retrouvez le témoignage de Rémi Gaget, agriculteur dans le Loiret, sur les bénéfices de cet outil. Et pour en savoir plus sur Climate FieldView™ c'est par ici.

Surveillance, vigilance ou action ?

CONSEIL

Caractériser les parcelles avant l’entrée dans l’hiver et les classer par type de risque évite de se laisser surprendre.

Cas 1 : Pas ou très peu de plantules ont été dénombrées lors des tours de plaine >> Surveillance

Le programme en sortie d’hiver sera déclenché si besoin, notamment pour gérer d'éventuelles relevées de printemps.

Cas 2 : Le niveau d’infestation est moyen, mais reste en dessous des seuils de nuisibilité >> Vigilance

L’infestation est encore prononcée, principalement des graminées. Le produit n’a peut-être pas encore fini d’agir. La décision de traitement se prendra en février-mars selon l’infestation et les conditions climatiques.

  • Action : Surveiller régulièrement la parcelle

L’hiver se révèle doux et pluvieux. La croissance des adventices n’est pas bloquée : elles peuvent coloniser les parcelles.

  • Action : Dès que l'état des parcelles le permet, programmer un traitement début février

 

La succession des cultures est à prendre en compte selon deux cas :

1. Le blé sera suivi d’une culture d’hiver. Pour éviter d’accroître le stock de graines et permettre un bon démarrage à l’automne suivant.

  • Action : faire une intervention en sortie d'hiver

2. Le blé sera suivi d’une culture de printemps. Si l’une des 3 adventices les plus concurrentielles des céréales (vulpin, ray-grass et gaillet) est repérée.

  • Action : Déclencher un traitement de rattrapage au printemps

Cas 3 : L’infestation est déjà à un niveau élevé en décembre >> Actionner le programme au plus tôt

Les seuils de nuisibilité sont dépassés pour les principales graminées (vulpin, ray-grass, pâturin) et pour les dicotylédones les plus préoccupantes (gaillet, véronique, matricaire, coquelicot). Flore complexe, composée de dicotylédones et graminées, présente quel que soit le seuil de nuisibilité. L’efficacité du programme d’automne n’a pas été complète.

  • Action : dans ces deux cas, prévoir une intervention au plutôt dès janvier 
La rotation, un bon outil de désherbage

L’alternance des cultures perturbe le cycle des mauvaises herbes d’une parcelle en diversifiant les périodes de semis (automne, printemps). La succession de cultures permet aussi d’alterner les modes d’actions des matières actives. Par exemple, il est possible de rechercher une maîtrise croisée : dans les blés, le désherbage peut diminuer le stock semencier des gaillets, matricaires, sanves, ravenelles, pâturins et ray-grass avant la pomme de terre suivante. Et inversement, la maîtrise des gaillets, matricaires, pâturins et ray-grass dans la pomme de terre diminue leur apparition dans le blé suivant.

« Il faut comprendre la vie d’une parcelle. L’observation et la connaissance des adventices font partie du désherbage. Les tours de plaine, j’en fais régulièrement pour voir comment évoluent les plantes. La flore identifiée une année dans une parcelle, ne sera pas forcément présente l’année suivante. »

Damien Beaujouan
Agriculteur dans le Loir-et-cher

Construire le programme de sortie d’hiver

Le programme de sortie d’hiver se positionne soit en rattrapage, soit comme premier traitement si la parcelle n’est pas à risque. Les produits peuvent être utilisés à différentes doses sur vulpin, agrostis et pâturin. La dose la plus basse est recommandée dans les situations faciles, la dose maximale correspondant aux situations les plus complexes. Le tour de plaine permet de moduler entre ces deux limites. Avec un risque ray-grass ou folle avoine, la dose pleine est recommandée.

« La connaissance de la flore définit les meilleures combinaisons possibles de produits. »

Roland BEFFA
Expert mondial des résistances chez Bayer
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  • Risque de rosée
  • Durée d’ensoleillement
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