Se former pour bien connaitre les limaces

La connaissance de la biologie des limaces et de leur mode de vie permet de déterminer les méthodes de prévention et de protection les mieux adaptées aux types de populations rencontrées. La formation est donc incontournable pour bien protéger ses cultures.

Les différentes espèces de limaces

  • Famille : mollusques (comme les moules)
  • Ordre : gastéropodes
  • 30 espèces de limaces en France dont 10 en grandes cultures

Les deux espèces les plus dommageables :

  • Limace grise ou loche (Deroceras reticulatum)

Couleur adulte : Gris beig
Couleur jeune : Rouge violacé
Taille adulte : 4 à 5 cm
Mucus : Blanc laiteux et abondant

  • Limace noire ou horticole (Arion hortensis)

Couleur adulte : Manteau noir, sole jaune orangée
Couleur jeune : Gris bleuâtre
Taille adulte : 2,5 à 4 cm
Mucus : Incolore

La biologie des limaces

La limace adulte est dépendante des facteurs météorologiques car elle a une forte teneur en eau (80%). Elle est très adaptable et possède une résistance remarquable.

Elle apprécie :

  • Se réhydrater dès que les températures baissent
  • Quand l'humidité relative est supérieure à 61%. Ces conditions permettent l'éclosion des œufs, le développement des jeunes et des adultes simultanés. Croissance rapide des populations.
  • Les pluies régulières au printemps et à l’automne.
  • Se protéger du gel et de la sécheresse en s'enfonçant profondément dans le sol, où elles attendent le retour de conditions favorables.

Elle n'apprécie pas : 

  • Quand les températures s'élèvent, car elle se déshydrate
  • Quand l'humidité relative est inférieure à 61% : son activité est bloquée.
  • Quand les inondations se prolongent : une partie des populations peut mourir.
  • Quand ces conditions météorologiques se prolongent : elle meure après avoir épuisé ses réserves.

L’alimentation des limaces

Principalement à l’aube et au coucher du soleil, la prise alimentaire varie en fonction de la température : pour la limace grise à partir de 0,8°C avec un maxi à 15 – 20°C, et pour la limace noire à partir de 5°C avec un maxi à 15 – 20°C.
1 limace peut consommer 50% de son poids par jour en 10 prises alimentaires. Chaque repas dure en moyenne 33 minutes. Elle est habituée à un type d’aliment : si elle est née dans un champ de colza, elle préférera toujours le colza.

Les déplacements

Les limaces se déplacent principalement la nuit, de préférence dans les sols creux et dans les couches superficielles. Elles sécrètent du mucus pour communiquer avec leurs congénères et pour marquer leur territoire. La répartition dans l’espace varie avec la disponibilité des gîtes favorables et la période de l’année : 

  • en conditions favorables = déplacements limités et localisés,
  • en cas de nourriture et d’abris insuffisants = augmentation des distances parcourues.

En période de sécheresse et après le labour, la limace s’enfonce dans le sol. Lorsque l’humidité superficielle revient (après la pluie ou en présence de déchets de culture), elle remonte à la surface. La limace grise colonise essentiellement les 7,5 cm les plus superficiels du sol tandis que la limace noire est plus souterraine. Souvent difficiles à détecter pour cause de dissimulation dans le sol, les limaces présentent un risque potentiel toute l’année.
L’activité de ce ravageur dépend beaucoup des conditions climatiques. Elle est capable de s’adapter pour résister au froid jusqu’à -15 °C.

 

La reproduction

Les limaces ont une durée de vie de 1 à 2 ans (escargot 3 ans). Les limaces sont hermaphrodites mais la fécondation croisée majoritaire. La période d’accouplement et de ponte variable selon espèces. Des amas de 50 à 500 œufs sont déposés dans le sol pour incubation. Lorsque humidité du sol = 60 à 80% il y a apparition des jeunes. Le potentiel de reproduction de la limace est remarquablement élevé : 2 limaces = 180 000 descendants en 4 générations (1 an) !

Les œufs aiment une humidité comprise entre 40 et 80% et une température située entre 5 et 20°C Les œufs n’aiment pas La sécheresse ou l'exposition des œufs à l'air, suite à un labour, qui les détruit en grand nombre par déshydratation.
Les embryons sont de plus en plus résistants au cours de leur développement. Au stade ultime de leur évolution, plusieurs jours à 0°C n'altèrent pas leur activité.

Cycles de vie de la limace



Les limaces présentent une à deux générations par an, avec des pontes qui ont lieu généralement de septembre à novembre et de mars à mai. Elles possèdent un potentiel de reproduction très élevé : 150 à 200 œufs par individu pour la limace noire et jusqu’à 300 pour la limace grise. La fécondation est le plus souvent croisée, bien que les limaces soient hermaphrodites.
La durée d’incubation des œufs varie avec la température : pour les limaces grises, elle peut aller de 15 à 20 jours à 20 °C, à plus de trois mois à 5 °C ; pour les limaces noires, elle varie entre 2 et 4 semaines. Ainsi, avec une ou deux pontes par an, les limaces sont présentes dans les parcelles toute l’année à différents stades. Généralement, chaque génération acquiert sa maturité en 3-4 mois, et se renouvelle un an plus tard, à l’automne ou au printemps. En période de semis à l’automne, on peut ainsi trouver simultanément au moins 3 générations de limaces grises.
L’espérance de vie de la limace grise est de 9 à 13 mois, contre 7 à 12 mois pour la limace noire.

Les parcelles à risque

Les risques sont plus importants sur des parcelles :

  • ayant eu des attaques antérieures sur d'autres cultures de la rotation
  • à proximité de jachères, bois, haies
  • avec des précédents de pois, trèfle, haricot, luzerne
  • avec des rotations de colza - blé ou jachère – blé
  • lorsqu’il y a diminution du nombre de façons culturales, présence de résidus de récolte, semis précoces, semis directs, culture d'engrais verts, utilisation de nouveaux types de semoirs qui lissent le fond des raies créant ainsi de véritables "autoroutes souterraines" à limaces le long des lits de semences
  • avec certaines variétés très appétentes

Les dégâts occasionnés : bien les reconnaitre

 

  • Affaiblissement des cultures, perte de rendement et atteinte à la qualité de la récolte :
    • Attaques en surface
    • Consommation partielle des cotylédons et des plantules
    • Blessures ou morsures de la plantule
    • Dépréciation de la qualité de la récolte (pomme de terre et légumes…)
  • Risque de destruction complète des cultures par :
    • Attaques souterraines
    • Consommation des graines et des germes

La limace est considérée comme le ravageur n°1 du colza : le colza est une plante particulièrement attractive pour les limaces.

Dégâts sur jeune plante : en culture de tournesol chaque pied est important dans l’élaboration du rendement. Il est impératif d’assurer une bonne protection anti-limaces dès le semis.

Dégâts sur plante développée : les attaques sur feuilles provoquent des retards végétatifs nuisibles au rendement.

Dégâts sur culture installée : les dégâts peuvent être très spectaculaires. Dans cette parcelle, les pertes de pieds ne seront pas compensées.

Dégâts sur plantule : le colza est une plante particulièrement attractive pour les limaces

Dégâts sur graine : attaque sur grain provoquant des pertes de rendement directement proportionnelles au nombre de pieds manquants.

Dégâts sur récolte : forte dépréciation de la qualité marchande et généralisation du développement des maladies de stockage.

Seuils de nuisibilité par culture