Réussir son désherbage d'automne et préserver l’environnement : les paramètres à maîtriser

Pierre-Yves Yème, Expert pulvérisation au sein du département Agriculture Durable chez Bayer, livre les clés d’un désherbage réussi, alliant efficacité, optimisation des coûts de traitement et préservation de l’environnement. Le conseil largement partagé sur le terrain, à savoir « le bon produit, au bon moment, à la bonne dose », vise l’efficacité optimale de l’herbicide. Cet impératif implique aussi de bien connaitre le fonctionnement des herbicides dans le sol et de maîtriser la qualité de la pulvérisation pour un désherbage durable, en toute sécurité.

« « Si les conditions du sol ne sont pas optimales, aucun transfert ne se fera : l’efficacité du traitement sera alors fortement mise à mal. » »

Pierre-Yves Yeme
Ingénieur développement durable Bayer

Pourquoi est-ce essentiel de bien connaître le fonctionnement des herbicides dans le sol ?

« Connaître avec précision le mode de fonctionnement des herbicides permet de repérer la bonne fenêtre climatique pour entrer dans la parcelle et ainsi, optimiser l’efficacité du produit appliqué. Appliquer le bon produit au bon endroit : un impératif pour rentabiliser le coût du passage… Mais pas seulement. Les enjeux économiques, agronomiques et environnementaux sont liés. Cibler les adventices, et seulement elles, permet de préserver l’environnement dans et autour de la parcelle, en limitant la dérive. »

Comment se comportent-ils à l’automne ?

« À l’automne, à l’image de l’herbicide Fosburi® de Bayer, la plupart des traitements utilisés ont une action principalement racinaire. Une fois pulvérisées, les matières actives patientent dans les premiers centimètres du sol avant de migrer vers les racines des mauvaises herbes. À une condition, que les premiers horizons du sol soient suffisamment « frais » : ni trop secs, ni trop détrempés. L’eau sert de taxi pour véhiculer l’herbicide jusqu’au système racinaire des adventices. Si les conditions du sol ne sont pas optimales, aucun transfert ne se fera : l’efficacité du traitement sera alors fortement mise à mal. »

« Appliquer le bon produit au bon endroit : un impératif pour rentabiliser le coût du passage… Mais pas seulement. »

Pierre-Yves Yeme
Ingénieur développement durable Bayer

Sol ni trop sec, ni trop mouillé ! Vos conseils clés pour repérer le meilleur moment pour traiter et ne pas prendre de risque ?

« Un œil sur la météo des jours suivants l’application s’avère indispensable pour limiter le lessivage du produit. L’idéal étant d’éviter une pluie supérieure à 15 mm dans les deux jours ou supérieure à 50 mm dans la semaine suivante. En cas de temps sec, ne comptez pas sur une hausse du volume de bouillie à l’hectare pour compenser le manque d’humidité du sol. En effet, des essais ont montré que le volume de bouillie influençait peu l’efficacité du traitement. La dose de matières actives épandue s’avère en revanche déterminante. Diminuer les doses, c’est prendre le risque, en cas de conditions très poussantes, de voir les mauvaises herbes prendre le dessus sur la culture en place. À titre d’exemple, baisser à 0,5 l/ha la dose herbicide, contre 0,6 l/ha dose homologuée, peut entraîner une perte d’efficacité de 5 points. »

« Votre expérience, la bonne connaissance du parcellaire et de la rotation sont indispensables pour ajuster les programmes. »

Pierre-Yves Yeme
Ingénieur développement durable Bayer

Le bon produit, à la bonne dose, c’est l’autre volet du désherbage durable ? Comment bien choisir l’herbicide et construire son programme ?

« Observez les plantules déjà levées mais surtout, remémorez-vous l’historique de la parcelle et son niveau d’infestation les campagnes passées. Votre expérience, la bonne connaissance du parcellaire et de la rotation sont indispensables pour ajuster les programmes. »

« L’eau sert de taxi pour véhiculer l’herbicide jusqu’au système racinaire des adventices. De bonnes conditions hygrométriques dans le sol sont nécessaires pour une efficacité optimale du désherbage. »

Pierre-Yves Yeme
Ingénieur développement durable Bayer

Pour préserver l’environnement et s’assurer d’une application homogène, garante de l’efficacité de produit, quel type de buses recommandez-vous ?

« La qualité de l’application sous la rampe du pulvérisateur conditionne l’efficacité du traitement. Et ce, quelle que soit la taille ou la forme des gouttes. Mais pour préserver l’environnement, mieux vaut opter pour des grosses gouttes, moins sensibles à la dérive, en cas de vent notamment. Je recommande donc de choisir des buses à injection d’air : les plus aptes, dans le large choix de buses proposées par les constructeurs, à fabriquer des grosses gouttes. L’utilisation de ces buses permet également, comme le stipule un arrêté du 7 mai 2017, de réduire les distances de ZNT (Zones Non Traitées) pour les parcelles implantées près d’un cours d’eau. Le ministre de l’Agriculture publie régulièrement la liste homologuée de ces buses. »