Oïdium : protection calée sur le risque à la parcelle

Dans le cadre d’une protection raisonnée de la vigne contre l’oïdium, la pression maladie est suivie avec l’aide de l’outil d’aide à la décision Movida pour bien positionner le traitement. La stratégie repose sur une intervention avec un fongicide efficace en préventif avant que les symptômes ne soient visibles.

La protection contre l’oïdium doit être menée de façon préventive. L’outil d’aide à la décision Movida évalue la pression maladie à la parcelle.

A noter

La période de risque s’étale du stade 3 feuilles à la véraison avec une période de très grande réceptivité des feuilles avant la floraison et une grande sensibilité des grappes entre la floraison et la fermeture de la grappe.

Considérer les différentes situations

  • Parcelles à drapeaux : une protection précoce s’impose dès le stade 2-3 feuilles étalées jusqu’à la fermeture de la grappe voire la véraison.
  • Parcelles sensibles : quand l’historique de la parcelle met en évidence des attaques régulières d’oïdium sur grappes, l’intervention en en pré-floraison est recommandée afin de limiter la propagation de la maladie sur le feuillage et de limiter le stock d’inoculum susceptible de contaminer les grappes. La protection débute alors dès le stade 5-6 feuilles étalées.
  • Pour les autres situations, un début de protection entre les stades 7-8 feuilles et 10-12 feuilles étalées selon les régions et les cépages est généralement suffisant.

Une protection sans faille doit être assurée jusqu’à la fermeture de la grappe quelle que soit la situation.

La maladie peut en effet prendre un caractère fortement épidémique, notamment dans les situations les plus sensibles. La poursuite de la protection après le stade fermeture de la grappe dépend de la fréquence d’attaque sur grappes, de l’historique de la parcelle, de la pression de la maladie ou encore de la sensibilité du cépage. Elle peut être suspendue si la fréquence d’attaque sur grappe ne dépasse pas 10 à 30 % au stade fermeture de la grappe.

Gérer la résistance aux fongicides

Un grand nombre de spécialités sont disponibles pour lutter contre l’oïdium.

Elles sont réparties dans plusieurs familles :

  • produits de contact (soufre, meptyldinocap)
  • IBS groupe 1 (nombreuses spécialités dont le tébuconazole)
  • IBS groupe 2 (spiroxamine)
  • QoI/strobilurines (dont la trifloxystrobine)
  • Phénoxyquinoléines
  • Benzophénones
  • Quinazolinones

Pour limiter et empêcher l’apparition d’isolats résistants, l’alternance des familles chimiques disponibles est recommandée. Pour un certain nombre d’entre elles le nombre d’applications par saison est limité et non consécutif, soit 2 à 3 selon les familles.

Sécuriser la stratégie

Conseil

Pour démarrer la protection, une spécialité contenant une substance active présentant une forte action sur oïdium en cours de développement est conseillée. Le fongicide empêche la maladie de s’établir.

En fonction de la pression de la maladie et de la pousse de la vigne ou en cas de pluie lessivante pour les produits de contact, les délais de renouvellement peuvent être réduits.

La qualité de pulvérisation est un critère déterminant pour l’efficacité des traitements notamment pour la protection des grappes.

Si une bonne protection contre l’oïdium se raisonne sur une lutte chimique sans faille, elle est renforcée par des mesures prophylactiques adaptées : bonne aération des grappes limitation de la vigueur de la vigne (taille, fertilisation, enherbement) et raisonnement de l’apport d’azote.