Oïdium de la vigne : nuisibilité, symptômes et biologie

L’oïdium (Erysiphe necator) est avec le mildiou, une des principales maladies de la vigne. Les dégâts peuvent être spectaculaires si les conditions climatiques sont favorables ou en l’absence de protection. Ce champignon est présent dans tous les vignobles.

Définition

Erysiphe necator est un ascomycète, ses organes de conservation issus de la reproduction sexuée, les cléistothèces forment des asques qui, à maturation, expulsent des ascospores. Les cléistothèces mettent 6 à 8 mois pour mûrir. Il se conserve aussi à l’état de mycelium entre les écailles des bourgeons dormants sur cépage Carignan.

Deux biotypes génétiquement distincts ont été identifiés. Ainsi, les épidémies d’oïdium peuvent être initiées par ces deux biotypes « sous-espèces » d’oïdium. Le groupe A, se conserve uniquement dans les bourgeons et ne passe pas par la reproduction sexuée, alors que le groupe B peut se conserver dans les bourgeons ou passer par la reproduction sexuée et se conserver dans les cléistothèces. On trouve des parcelles avec des drapeaux de type A ou B. Le biotype B est plus agressif en termes de germination alors que le A sporule davantage.

Nuisibilité

Nuisibilité quantitative : des pertes de rendement

Une attaque d’oïdium réduit la quantité de vendange. Les pertes de rendement sont corrélées avec le pourcentage de surface couverte par la maladie.

Nuisibilité qualitative

Sur la vigne Éclatement des baies (favorise le développement de la pourriture grise) et baies acides Sur les vins Acidités anormales, goûts de moisi dans les vins, fort changement du profil olfactif des vins et vins moins colorés Avec une augmentation du coût de vinification L’oïdium attaque tous les organes verts de la vigne : pousses, feuilles, rameaux, inflorescences et grappes. Sur certains cépages plus sensibles Le Carignan, mais aussi l’Aramon, le Grenache, le Cabernet-sauvignon, le Chenin, le Chardonnay, le Cinsault, le Riesling, la Roussane, et le Sylvaner.

Symptômes

Sur les jeunes pousses

Sur les jeunes pousses, on observe un ralentissement de la croissance, un raccourcissement des entre-nœuds et une crispation des feuilles.

Sur les cépages très sensibles comme le Carignan, un feutrage blanc apparaît et forme une « pousse oïdiée », c’est le symptôme « drapeaux ».

Sur les feuilles

Sur feuilles, les premiers symptômes, très difficiles à observer, se traduisent par des taches huileuses et un noircissement des nervures sur la face inférieure correspondant aux cellules nécrosées. Puis apparaissent, au niveau des taches un feutrage grisâtre et poussiéreux (filaments mycéliens et conidiophores) sur la face supérieure des feuilles ou sur la face inférieure pour les cépages les plus sensibles.

En cas d’attaque massive, les feuilles se crispent ou ondulent.

Sur les sarments

Sur sarments, on observe d’abord un mycélium brun sombre. Après l’aoûtement, les taches brunes deviennent rouges et en forme d’étoile. Sur les rameaux aoûtés, les taches brun foncées à noir en forme d’étoile traduisent la présence et le développement de mycélium pendant la saison.

Sur les inflorescences et les grappes

Sur inflorescences et grappes, les grains se couvrent d’abord d’une poussière grise d’aspect cendré. Sous ces fructifications, l’organe reste vert, puis les cellules meurent et le baies éclatent ; elles peuvent alors être infectées par le botrytis.

Les baies malades répandent une odeur forte de « moisissure ». Elles sont particulièrement réceptives jusqu’au stade fermeture de la grappe. L’infection des grappes se traduit par une forte coulure au vignoble et des pertes importantes à la récolte.

À l’automne, les organes attaqués durant la saison présentent des pustules noires sphériques, ce sont les cléistothèces, forme sexuée du champignon.

Biologie

L’hiver

L’oïdium se conserve sous forme de :

  • mycélium dans les bourgeons assurant des contaminations précoces des pousses (forme drapeau)
  • cléistothèces, formés sur les organes attaqués (c’est la forme la plus courante de conservation)

Au printemps

Au printemps, les cléistothèces éclatent pour laisser sortir les ascospores assurant les contaminations primaires. Les projections se déroulent en mars, avril et mai, lors de périodes pluvieuses ou très humides et sous une température supérieure à 11 °C. Elles précèdent l’apparition des symptômes d’au moins 15 jours.

Les ascospores, issues des cléistothèces, et les conidies, issues du mycélium, sont disséminées par le vent. Elles colonisent les organes verts de la vigne et propagent la maladie. Si les conditions climatiques favorables se maintiennent, les foyers primaires peuvent entraîner des contaminations successives par l’intermédiaire de conidies pendant tout le cycle végétatif de la vigne. Le stock d’inoculum constitué sur feuilles va assurer la contamination des futures baies à leur stade de plus grande réceptivité : floraison-nouaison.

Contrairement au mildiou, l’oïdium est un parasite externe à la vigne. Le mycélium est donc à la surface des organes et doit émettre des suçoirs pour se fixer et se nourrir. La formation des suçoirs est impossible en présence d’un film d’eau et les conidies éclatent dans l’eau. Par contre une forte humidité (qui peut être présente à la surface des feuilles) est favorable à leur germination et à leur croissance. La durée d’incubation des conidies varie de 5 à 7 jours voire plus en fonction des conditions de température (elle augmente pour des températures plus élevées).

Des facteurs favorables

  • La pluie est nécessaire pour que les oospores arrivent à maturité et que les conidies se disséminent. (Les orages sont redoutablement efficaces en la matière).
  • L’humidité liée à la pluie ou à la rosée est indispensable à la fructification du mycélium.
  • Le vent peut favoriser la dissémination des conidies.