Mycotoxines : une réglementation européenne très stricte

La sécurité sanitaire des aliments dépend d'une réglementation européenne complexe. Les mycotoxines ou fusariotoxines, sécrétées par le genre Fusarium ne font pas exception et sont concernées par des teneurs maximales.

À savoir

Les mycotoxines produites par les espèces du genre Fusarium appartiennent à trois familles distinctes : les trichotécènes, la zéaralénone et les fumonisines.

De son côté, la législation définit une teneur maximale pour chaque mycotoxines : celles produites au champ avec le déoxynivalenol (DON) qui est de la famille des trichotécènes, la zéaralénone (ZEA), et celles qui sont secrétées pendant le stockage, telles que l’ochratoxine A (OTA).

Concernant les toxines T-2 et HT-2, des limites réglementaires sont annoncées, mais n’ont toujours pas été fixées.

Que dit le règlement européen ?

La réglementation, dont le dernier texte date du 19 décembre 2006 (règlement UE 1881/2006), est applicable dans les 25 États de l’Union européenne. Ainsi, il est interdit de mettre sur le marché et d’utiliser des grains et des coproduits céréaliers si leurs teneurs sont supérieures à certaines teneurs maximales, ou de mélanger des lots non-conformes avec des lots conformes.

Les contrôles officiels ne concernent pas les agriculteurs mais les organismes stockeurs et les industries de transformation. Le triage physique des grains avant commercialisation – qui diminue la teneur en fusariotoxines – est autorisé. Toute décontamination chimique est interdite.

Quelles sont les recommandations en alimentation animale ?

En alimentation animale, l’aflatoxine B1 est actuellement la seule mycotoxine réglementée. La directive prévoit que les matières premières susceptibles de contenir cette mycotoxine doivent être contrôlées. Des teneurs limites à ne pas dépasser dans les aliments sont recommandées ainsi que dans les matières premières destinées à être incorporées dans les aliments.

D’autres mycotoxines, comme le déoxynivalénol, la zéaralénone, les fumonisines et l’ochratoxine A, font l’objet de projets législatifs de la part de la Commission (entrant dans la directive 2002/32). Pour le moment, Bruxelles a reporté ces projets à une date ultérieure et, dans cette attente, a formulé des recommandations (2006/576/CE du 17 août 2006), qui concernent des matières premières – principalement des céréales et coproduits céréaliers – et divers aliments.

Les trichothécènes

Le déoxynivalénol ou DON est le trichotécène le plus fréquent, voire la toxine la plus répandue dans le monde. DON peut contaminer ou être présent dans les grains de toutes les céréales à paille et le maïs. Il est principalement produit par Fusarium graminearum et F. culmorum. Les porcs sont très sensibles à cette toxine qui provoque des vomissements et une perte de l’appétit. Le nivalénol (NIV) est produit par F. graminearum

  DON Zéaralénone Ochratoxine A
Matières premières 8000 2000 250
Aliments finis porcelets 900 100 50
Al. f. truies, porcs à l’engrais 900 250 50
Al. f. veaux, moutons… 2000 500  
Al. f. volailles et autres 5000   100
Substance Céréales concernées Teneur maximale  
Déoxynivalénol — DON Céréales brutes autres que blé dur, avoine et maïs 1250  
  Blé dur, maïs, avoine 1750  
Zéaralénone Céréales brutes sauf maïs 100  
Fumonisines Maïs brut 300  
B1 + B2 Maïs brut 4000