Les herbicides ALS toujours efficaces dans 75 % des situations parcellaires

Les échecs de désherbage de printemps sont souvent imputés à un manque d’efficacité des herbicides et à de la résistance aux modes d’actions utilisées à base d’ALS (sulfonylurées) ou ACCase (Fop Den Dim). La question est de savoir dans quelles conditions ces produits ont été appliqués et surtout de vérifier si la flore n’a pas développé une résistance aux matières actives employées. Contrairement aux idées reçues, les cas de résistances généralisées aux ALS en vulpin et ray-grass ne concernaient en moyenne que 25 % des parcelles.

OUI, les populations de vulpin et de ray-grass sont toujours majoritairement sensibles aux herbicides à base d’ALS (comme la gamme Mesomaxx) appliqués en sortie d’hiver. Selon un monitoring réalisé par Bayer en 2022 sur 104 parcelles agriculteurs échantillonnées de façon aléatoire, 75 % d’entre elles n’ont pas révélé de résistance généralisée aux ALS. « Ces résultats d’efficacité justifient toujours l’intérêt d'une intervention au printemps avec notre gamme MESOMAXX, seule ou en programme après une base automne, selon le niveau de résistance dans la parcelle », explique Magalie Devavry, Responsable technique désherbage Bayer.

Les analyses du monitoring Bayer effectuées sur vulpins représentent 33 % des échantillons, celles sur ray-grass, 67 %. Les tests de résistance réalisés ont porté sur l’étude des deux principaux mécanismes de résistance : la résistance par mutation de cible et la résistance par détoxification.

« Lorsque la part des individus résistants dans une population est inférieure à 50%, nous considérons que les ALS présentent encore un intérêt au champ lorsqu’ils sont intégrés dans un programme incluant d’autres matières actives à modes d’action différents et que des pratiques culturales efficaces ont été mis en œuvre pour réduire le niveau d’infestation de la parcelle », précise Magalie Devavry.

« Même dans une situation où une part des vulpins ou ray-grass est résistante aux ALS, le rattrapage au printemps avec un herbicide de la gamme MESOMAXX dans le cadre d’un programme Automne-Printemps permet de viser le 100% d'efficacité, souligne Magalie Devavry. Le recours aux herbicides foliaires de printemps est aussi un moyen d’alterner les familles chimiques, de façon à ne pas tout miser sur le désherbage d’automne. »

La résistance généralisée aux ALS est observable sur certaines parcelles ; dans le cadre de ce monitoring, Bayer a considéré qu’il s’agissait des situations où plus de 50% des individus de l’échantillon présentaient une résistance. Sur ces parcelles, l’historique parcellaire (pratiques culturales, programme chimique) sont à analyser pour comprendre ces situations. Une étude complémentaire doit être menée en intégrant également les données qui vont être acquises durant la saison 22/23.

La résistance du vulpin et du ray-grass aux ALS & ACCases évaluée avec Herbisecur

Pour connaitre le niveau d’efficacité d’un herbicide au mode d’action ALS et ACCase, sur du vulpin ou du ray-grass, Bayer propose de réaliser un diagnostic avec l’outil Herbisecur. Des analyses en laboratoire (via qPCR et HPLC) évaluent la présence ou non de résistance des plantules testées et ainsi, le degré de résistance de la population. « Ce diagnostic préalable confirme la pertinence d’un rattrapage au printemps avec des produits à base d’ALS et d’ACCase sur vulpin ou ray-grass. , ajoute Magalie Devavry.

Le diagnostic Herbisecur est un bon moyen pour choisir la stratégie de désherbage adaptée à sa parcelle en lien avec la flore adventice (vulpins et ray-grass, type de résistance, degré de résistance). Herbisecur rappelle également l’importance des pratiques culturales pour limiter le niveau d’infestation des parcelles (labour, faux semis, rotation,…), nécessaires à la propreté des parcelles.