Kit de détection oïdium : quatre viticulteurs l'ont testé et nous en parlent.

L'oïdium est une maladie bien connue de la vigne. Quatre viticulteurs ont pu tester le kit de détection oïdium, qui permet de prévenir l'apparition de la maladie à un stade très précoce, et ainsi d'anticiper avec précision le risque, et la stratégie fongicide la plus adaptée. Témoignages.

Le kit de détection oïdium permet aux viticulteurs de détecter la présence d’oïdium, de la quantifier et d’évaluer le risque, deux à quatre semaines, selon la météo, avant l'apparition des premiers symptômes sur les ceps. Un dispositif étudié pour agir à un stade très précoce, permettant ainsi de pouvoir orienter plus judicieusement sa stratégie de protection fongicide, et idéalement, réduire l'utilisation des produits conventionnels.

Quatre viticulteurs ont pu expérimenter ce dispositif lors de la campagne 2018 : Pierre Laux, vigneron au GAEC de Belbèze & vice-président de la Cave Coopérative les Costières de Pomérols (34) ; Philippe Roux, directeur technique au Château Dauzac (33) ; Claude Boyer, vigneron et propriétaire du Domaine Saint-Jean-Le-Vieux (83) ; Jacky Castan, chef de culture au Château Peyrabon (33).

« Ce qui est essentiel, c'est de prendre la maladie au départ »

« Le kit oïdium m’a beaucoup intéressé parce que cette méthode nous permet justement de voir le démarrage de l’oïdium au stade moléculaire… donc à un stade très précoce. »

Pierre Laux
Vigneron GAEC de Belbeze & Vice-Président de la Cave Coopérative les Costières de Pomérols (34)

L'intérêt principal du kit diagnostic oïdium est qu'il permet de détecter les traces du champignon avant même que les premiers symptômes soient apparus. Un dispositif qui être mis en place en début de programme, dès le stade 3-4 feuilles étalées.

Ses principaux avantages : rapidité et facilité d'utilisation. L'échantillon de 30 feuilles est expédié en 24h et les résultats arrivent sous 48h. Philippe Roux nous explique : « Le kit diagnostic fonctionne par un prélèvement des feuilles qui est expédié dans les 24h qui suivent et une analyse de ces feuilles pour voir si on trouve l’ADN de l’oïdium, voire les premières traces d’oïdium. Ce qui est essentiel, c’est de prendre la maladie au départ. »

« S’il n’y a pas de présence d’oïdium, ce n’est pas la peine de traiter pour rien. »

« Avoir un outil supplémentaire pour prendre une décision reste capital dans le but dans le but de prendre la meilleure des décisions. Logiquement, on a économisé deux traitements. C’est le principe même de nos réflexions, moins on traite, mieux c’est pour tout le monde. »

Jacky Castan
Chef de culture au Château Peyrabon (33)

Avoir recours au kit diagnostic oïdium permet de mesurer la pression oïdium à un stade très précoce. L'objectif étant d'éviter d'avoir à traiter la parcelle avec des produits conventionnels après la floraison, si cela n'est pas nécessaire.

Mais le dispositif peut s'appliquer aux différents stades de sortie des feuilles. Claude Boyer précise : « On commence au stade 3-4 feuilles. S’il n’y a pas présence d’oïdium, on ne traite pas, on continue. Au bout de 5-6 feuilles, on fait encore un prélèvement et s’il n’y a toujours pas de présence de l’oïdium, on ne traite toujours pas ; Et cette année, il s’est avéré qu’on en a fait 3 et il n’y avait pas de contamination. Donc, ça a pu me faire économiser sur la parcelle de référence deux traitements sur l’oïdium ».

Les viticulteurs interrogés vont globalement dans le même sens sur l'utilisation du kit diagnostic : détecter et prévenir l'oïdium en amont permet de s'éviter un traitement des parcelles à un stade plus avancé du programme, ce qui représente un gain de temps considérable. Une opportunité aussi de mieux comprendre l'environnement de son cépage, et d'envisager des moyens d'actions plus vertueux et plus adaptés.

Pour rappel, le recours au kit diagnostic oïdium vigne permet jusqu'à 50% de baisse de l'IFT (Indice de Fréquence de Traitement).

85% de satisfaction

Selon une enquête menée par Bayer durant l'été 2019, auprès de viticulteurs utilisateurs du kit oïdium, le kit est perçu comme utile car il permet de prendre une décision précoce, de mesurer la pression oïdium sur l’exploitation et, finalement, d’économiser un traitement. Ces viticulteurs mettent également en avant sa simplicité d'emploi, le temps de réponse des analyses et sa capacité d'évaluation de la maladie.