Jour de maïs : mise en perspective des stratégies de désherbage durables

Plus de 250 agriculteurs et distributeurs se sont retrouvés les 21 et 24 mai pour visiter la plateforme d’essais de désherbage installée sur le Gaec de la Ruelle à Treffendel, non loin de Rennes en Ille-et-Vilaine. Fil conducteur de la journée : présenter des solutions à l’échelle de la rotation pour désherber efficacement en associant l’agronomie et le désherbage chimique afin de limiter l’impact des pratiques sur l’environnement. Dans ce cadre, le maïs est à l’honneur pour une gestion durable du désherbage. Retour sur les messages-clés délivrés avant la visite des essais.

Pas de précipitations pour résoudre la problématique désherbage à l’échelle de la rotation ! Derrière chaque situation, la réponse se construit à la carte, en lien avec les techniques agronomiques, les programmes herbicides et avec l’aide du digital.

« Le désherbage doit relever trois défis : profitabilité, durabilité technique des solutions et respect de l’environnement en évitant le transfert des molécules vers la ressource en eau », a insisté Guillaume Ferrer, Chef marché herbicides maïs Bayer, lors des rencontres  « Jour de Maïs 2019 », qui se sont tenues les 21 et 24 mai sur la ferme de référence de Jean-Michel Massue à Treffendel près de Rennes. « Les pratiques évoluent par étapes, grâce aux connaissances acquises avec l’expérimentation et s’appuient sur les outils d’aide à la décision », a-t-il souligné.

Si le désherbage doit être durable d’un point de vue technique et économique, le respect de l’environnement est à prendre en compte avec le cas précis de la gestion du risque de transfert des molécules vers la ressource en eau. Ces paramètres sont complètement intégrés dans notre raisonnement.

L’agronomie, le meilleur des désherbants

La stratégie de gestion durable du désherbage est éprouvée depuis plus de 15 ans par les équipes techniques de Bayer avec les plateformes Herbinnov. « Le meilleur des désherbants, c’est l’agronomie, le tout chimique amène inévitablement dans une impasse », a d’ailleurs introduit Éric Dabouineau, Ingénieur conseil culture environnement. Rappelant avant la visite des essais de la plateforme les points-clés pour préserver le rendement des cultures, résultats à l’appui :

« Objectif : diminuer le stock semencier dans le sol :

  • un labour tous les trois ans conduit à une baisse de 65% des graminées,
  • un faux-semis réduit ce stock de 50% en un mois tout comme le décalage de la date de semis.
  • l’allongement de la rotation le diminue de 52%. » 

100% d’efficacité en désherbage avec les herbicides

L'objectif du désherbage est d'approcher 100% d’efficacité. Pour tenir ce résultat, les herbicides prennent le relai de l’agronomie. La base du raisonnement est d’alterner les familles chimiques. « La classification HRAC comprend 18 modes d’actions et les groupes A et B sont les plus utilisés, poursuit Éric Dabouineau. Pour éviter que la résistance des adventices ne s’installe, la solution est non seulement d’alterner les modes d’actions dans la culture, mais aussi au niveau de la rotation. » Dans cette optique, l’herbicide Mateno®, dont l’homologation a été obtenue mi-mai, introduit une nouvelle molécule disponible sur blé, l’aclonifène du groupe HRAC F3. « Nous raisonnons le désherbage dans une logique d’accompagnement de nos solutions herbicides afin de les pérenniser » conclut-il.

Important

Pour éviter que la résistance des adventices ne s’installe, la solution est non seulement d’alterner les modes d’actions dans la culture, mais aussi au niveau de la rotation.

Un kit de diagnostic des résistances aux herbicides

Autre point soulevé par Éric Dabouineau : pouvoir déceler la résistance avant d’appliquer un produit, toujours pour garantir le meilleur résultat économique sans négliger l'efficacité. Il pose un préambule : « Souvent, les pertes d’efficacité sont liées aux mauvaises conditions d’application, que ce soit lors de la pulvérisation, ou en lien avec le dosage, le non-respect de conditions météo favorables à la pénétration des produits racinaires au moment du traitement. » Une fois ces différents facteurs écartés, la résistance des adventices peut être l’explication d’une baisse d’efficacité de l’herbicide.

Pour confirmer le phénomène de résistance, un kit de diagnostic de la résistance vulpin et du ray-grass aux deux principales familles chimiques, ACCase et ALS, va être mis sur le marché dès la prochaine campagne. Il permet d’évaluer en trois semaines environ, à partir d’un prélèvement de plantules, le type de résistance obtenue soit par mutagénèse soit par détoxification de la substance active. « L’outil apporte une aide dans la construction des programmes et permet d'employer le bon produit dans de bonnes dispositions », ajoute Éric Dabouineau.

Le kit de diagnostic des résistances aux herbicides sera lancé à l'automne et permettra à l'agriculteur de sécuriser ses investissements désherbage à la parcelle et de préserver durablement l'efficacité de son désherbage sur les 3 années à venir.