Fongicide pomme de terre : le fluopicolide, un outil précieux pour éviter les risques de résistance

La spécialité anti-mildiou de la pomme de terre Infinito® est composée de deux substances actives, le propamocarbe et le fluopicolide, aux modes d’action très différents. Marie-Pascale Latorse, responsable du laboratoire de recherche en biodisponibilité et experte en phytopathologie chez Bayer France, nous explique en quoi cette association fongicide pomme de terre est très intéressante dans la gestion des risques d’apparition de résistances.

« Le fluopicolide ne présente aucune résistance croisée avec les autres familles chimiques de fongicides anti-mildiou. C’est un outil précieux de gestion de la résistance du mildiou en particulier en association avec le propamocarbe. »

Marie-Pascale Latorse
Responsable de laboratoire Biologie-Biodisponibilité et expert Bayer phytopathologiste

Quel est l’intérêt d’associer plusieurs substances actives dans un anti-mildiou ?

« Lorsqu’on choisit d’associer deux substances actives dans un nouveau produit, c’est pour bénéficier de la complémentarité de leur spectre d’action. C’est aussi pour disposer de deux modes d’action différents et ainsi mieux gérer les risques d’apparition de résistance. »

Quel est le mode d’action du fluopicolide ?

« Dans Infinito®, le fluopicolide agit sur le mildiou en affectant l’intégrité cellulaire du champignon. Il induit une délocalisation des protéines de type « spectrine » qui assurent la rigidité de sa structure. Il provoque un gonflement rapide des spores et d’autres cellules du champignon, puis leur éclatement. Le fluopicolide a la particularité d’être la seule substance active fongicide disponible aujourd’hui à posséder ce mode d’action. »

Quels avantages peuvent en découler ?

« Le fait que le fluopicolide soit le seul à posséder ce mode d’action est très intéressant dans la gestion des risques d’apparition de résistances. Le fluopicolide ne présente aucune résistance croisée avec les autres familles chimiques de fongicides anti-mildiou. C’est un outil précieux de gestion de la résistance du mildiou en particulier en association avec le propamocarbe, mais tout en continuant à respecter l’alternance avec d’autres modes d’action. En effet, les mutations naturelles et l'apparition de résistances restent possibles dans les populations de pathogènes soumises à de fortes pressions de sélection… Nous sommes confiants mais prudents et responsables. »