Déterminer les seuils de nuisibilité des mauvaises herbes lors des tours de plaine

En désherbage céréales et selon la pression d'adventices observées dans les tours de plaine de janvier et février, les interventions en sortie d'hiver peuvent être réajustées. Le point sur les seuils de nuisibilité des graminées et dicotylédones et le type de rattrapage à adopter !

Quelles nuisibilités attendues par les adventices sur ma culture ?

Lors des tours de plaine en hiver, le préjudice sur la culture s’évalue à partir du seuil de nuisibilité lié à chaque espèce recensée. Celui-ci indique le nombre de pieds au m² entraînant une perte de rendement de plus de 5%.

Ce seuil ne tient pas compte de la production de graines susceptibles de germer dans la culture suivante. Le contrôle des adventices est à hiérarchiser en fonction de la rotation. Par exemple, 25 à 30 ray-grass par m² entraînent une perte de rendement de plus de 5% mais, laisser 25 ray-grass par m² dans la parcelle, c’est potentiellement mettre dans le sol 75 000 à 250 000 graines par m² pour les cultures suivantes !

Nuisibilité directe et indirecte ?

La nuisibilité directe : correspond à la compétition engendrée par une adventice sur la culture pour accéder aux ressources eau, lumière, minéraux. La nuisibilité indirecte : correspond à l’entretien du stock semencier de la parcelle en semences d’adventice par la production de nouvelles graines issues des plantes restantes après le désherbage.

Nuisibilité dans la rotation des dix adventices les plus observées en blé

Dans la rotation, le précédent de la culture est aussi un élément important qui doit être prise en compte dans l'évaluation de la nuisibilité des mauvaises herbes. Retrouvez ci dessous les 10 adventices les plus observées en blé. 

  Seuil de nuisibilité Nuisibilité indirecte
Vulpin 15-20/m² 1 500 à 5 000 graines
Ray-grass 25-30/m² 50 à 3 000 graines
Folle avoine 5-20/m² 500 à 2 000 graines
Pâturin annuel 100/m² 4 000 graines
Coquelicot 22/m² 50 000 à 200 000 graines
Matricaire 22/m² 30 000 à 100 000 graines
Gaillet 1,8/m² 50 à 3 000 graines
Véronique 44/m² 200 à 2 000 graines

« Chaque parcelle est raisonnée. Je suis dans ma parcelle, je la regarde et je me dis que je dois intervenir alors que dans d’autres, il n’y a pas besoin »

Pierre Gauthier
Agriculteur en Charente-Maritime

Des outils pour optimiser votre tour de plaine et identifier les adventices ?

Grâce à la plateforme d'agriculture numérique Climate FieldView vous pouvez optimiser votre tour de plaine, en vous appuyant sur la cartographie de santé des plantes, des cartes de consommation d'eau et d'évapotranspiration des cultures. Retrouvez le témoignage de Rémi Gaget, agriculteur dans le Loiret, sur les bénéfices de cet outil. Et pour en savoir plus sur Climate FieldView™ c'est par ici.

L'identification des adventices est également facilitée au travers de 2 applications mobiles Gram’ID ou Dicot’ID qui vous permettent, en quelques minutes, de déterminer les flores graminées vivaces et dicotylédones. Pour chaque adventice, elles renseignent sur leur nuisibilité et expliquent comment la nature du sol, les paramètres agronomiques et climatiques compliquent le contrôle des adventices identifiées.


La rotation, un bon outil de désherbage

L’alternance des cultures perturbe le cycle des mauvaises herbes d’une parcelle en diversifiant les périodes de semis (automne, printemps). La succession de cultures permet aussi d’alterner les modes d’actions des matières actives. Par exemple, il est possible de rechercher une maîtrise croisée : dans les blés, le désherbage peut diminuer le stock semencier des gaillets, matricaires, sanves, ravenelles, pâturins et ray-grass avant la pomme de terre suivante. Et inversement, la maîtrise des gaillets, matricaires, pâturins et ray-grass dans la pomme de terre diminue leur apparition dans le blé suivant.

Construire le programme de sortie d’hiver

Le programme de sortie d’hiver se positionne soit en rattrapage, soit comme premier traitement si la parcelle n’est pas à risque. Les produits peuvent être utilisés à différentes doses sur vulpin, agrostis et pâturin. La dose la plus basse est recommandée dans les situations faciles, la dose maximale correspondant aux situations les plus complexes. Le tour de plaine permet de moduler entre ces deux limites. Avec un risque ray-grass ou folle avoine, la dose pleine est recommandée.

« La connaissance de la flore définit les meilleures combinaisons possibles de produits. »

Roland BEFFA
Expert mondial des résistances chez Bayer
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