Désherbage maïs, s’engager avec vous pour faire évoluer les pratiques !

Désherber durablement le maïs c’est possible. La clé ? La prévention. Concrètement, la bonne réponse technique se construit en combinant l’agronomie et l’alternance de solutions chimiques pour éviter les résistances des adventices aux herbicides. Les pratiques se raisonne aussi, collectivement, à l’échelle du bassin versant pour limiter les pollutions diffuses. Les conseils de Pierre-Yves Yerme, ingénieur agriculture durable.

« Le produit phytosanitaire n’est plus aujourd’hui l’unique porte d’entrée d’une stratégie globale de désherbage. »

Pierre-Yves Yeme
Ingénieur Agriculture Durable Bayer

Le produit phytosanitaire fait bien sûr encore partie du raisonnement mais au même titre que l’agronomie, ou l’usage de solutions alternatives. Pour faire évoluer notre offre et nos préconisations, nous devons avoir cela en tête. Il faut que nous nous posions les questions aujourd’hui car demain il pourrait être trop tard ; les stratégies de demain se dessinent dès aujourd’hui.

Cette anticipation est-elle collective ?

L’échange d’expériences est primordial pour identifier les alternatives les plus pertinentes. Une chose est sûre, le nombre de solutions phytosanitaires disponible sur le marché continuera de se réduire. Il est nécessaire d’en tenir compte et de proposer des alternatives.

Les attentes sociétales vont également dans ce sens, sans oublier les exigences réglementaires et environnementales qui impliquent moins de passages, moins de doses à l’hectare.

41 agriculteurs sont mobilisés sur une SAU d’un peu moins de 500 ha.

Si le maïs reste, de par les surfaces implantées (près de 3 Mha), une culture stratégique pour l’agriculture française, il l’est aussi en matière d’environnement et notamment en matière de protection de la ressource en eau.
Pour gagner en durabilité, les adaptations doivent être collectives au niveau d’un territoire. D’où l’idée d’agir au niveau d’un bassin versant. Depuis plus de cinq ans, nous travaillons avec différents partenaires au sein du bassin versant du Doazit, dans les Landes : 41 agriculteurs sont mobilisés sur une SAU d’un peu moins de 500 ha. L’objectif est de sensibiliser tous les acteurs, des agriculteurs aux fournisseurs d’eau potable, en passant par les chambres d’agriculture, Arvalis ou les Cuma. Tous s’impliquent pour identifier les pratiques et les aménagements parcellaires les mieux adaptés afin de préserver la qualité de l’eau.

Quelles sont les bonnes questions à se poser ?

Pour partager notre vision auprès du plus grand nombre, nous multiplions les interventions auprès des agriculteurs, mettons en place des expérimentations, poursuivons notre accompagnement des huit fermes de référence.
L’idée est surtout d’échanger avec les différents acteurs sur les différentes pratiques.
Comment continuer à désherber de façon durable ? Comment faire évoluer les outils de production ?
Nous sommes là pour accompagner. Se projeter, c’est avant tout concilier différentes approches : technique, économique, environnementale, sociétale et réglementaire. Notre boite à outils étant de plus en plus restreinte, nous devons investir dans de nouvelles pistes pour répondre aux nouveaux enjeux.

« En matière de désherbage du maïs par exemple, associer chimie sur la ligne de semis et le travail du sol sur l’inter-rang donne de très bons résultats technico-économiques dans certaines situations. »

Pierre-Yves Yeme
Ingénieur Agriculture Durable Bayer

Quelles sont les évolutions qui ont vu le jour récemment ?

Depuis le retrait de l’atrazine, sur maïs, la flore adventice s’est complexifiée avec des flores nouvelles dites émergentes (renouées mercuriales) qui compliquent les programmes de désherbage. De même, l’apparition de résistances, surtout sur graminées, impose d’alterner les modes d’action, d’allonger les rotations quand cela est possible... Autant de pratiques pour préserver la durée de vie des spécialités sur le marché, dans un contexte où aucun nouveau mode d’action n’est attendu à court terme.
Au final, notre objectif : être capable d’apporter de l’information, du semis à la récolte, pour aider les agriculteurs à préparer l’avenir.