Désherbage betteraves : « Retenir les produits de contact les plus efficaces et à plus forte dose, pour le premier traitement »

Interview de Michaël Denizet : technicien au service agronomique de Cristal Union, responsable herbicides, il détaille les facteurs clés pour optimiser son désherbage betteraves.

« Il faut savoir qu’en betteraves, un désherbage mal maîtrisé, c’est une nuisibilité en moyenne de 15 t/ha, soit une perte de 300 €/ha. Le petit plus investi dans les solutions beta-technologie est vite rentabilisé ! »

Michaël Denizet
Technicien au service agronomique de Cristal Union, responsable herbicides

En tant que technicien au service agronomique, quels sont les leviers qui vous paraissent essentiels pour optimiser le désherbage de la betterave ?

« Il est tout d’abord très important d’adapter le choix des produits à la flore présente dans la parcelle. Les agriculteurs utilisent depuis des années, des mélanges de matières actives, ils savent de moins en moins quelle matière active est vraiment efficace contre quelle mauvaise herbe. Il faut absolument qu’ils retrouvent cette notion pour bâtir les programmes les plus performants. Le deuxième levier que nous avons à notre disposition aujourd’hui est celui du binage et de la localisation des herbicides sur le rang. Ces techniques ne sont pas nouvelles. Elles peuvent s’avérer efficaces pour un des passages par exemple, mais sont très gourmandes en temps et ne sont pas adaptables à toutes les parcelles. »

Quels conseils donneriez-vous aux planteurs, pour optimiser le désherbage de leurs betteraves ?

« Les deux premières interventions sont déterminantes pour la réussite globale du désherbage. Si on loupe le premier traitement, on sera ensuite obligé de réaliser plus de passages et d’utiliser plus de produits lors des interventions suivantes. Il faut pour cela retenir les produits les plus efficaces, pour les deux premiers traitements, surtout pour le premier. Il faut aussi utiliser les produits de contact à plus forte dose lors de la première intervention, pour être sûr de contrôler les adventices dès le départ, car au moment de la première application, elles peuvent avoir atteint des stades très différents. Nous conseillons également aux agriculteurs d’intervenir quand les conditions d’application, en particulier d’hygrométrie, sont optimales, en général le matin. En conditions météo classiques, les produits présentent dans l’ensemble, une efficacité satisfaisante. Par contre, lorsque les conditions sont plus difficiles, les produits les plus performants et les mieux formulés font la différence. »

Est-ce que les solutions beta-technologie de Bayer répondent bien à vos attentes dans ce domaine ?

« Par leur formulation haut de gamme et la présence de desmédiphame dans leur composition, les spécialités de Bayer apportent vraiment un plus en termes d’efficacité, en particulier les années sèches ou en conditions difficiles, comme cela a été le cas cette année. Leur action sur les adventices est plus rapide et leur spectre d’efficacité plus large. Elles font notamment la différence sur crucifères, chénopodes ou morelles. Il est important de les retenir comme base du programme en présence de ces adventices ou de repousses de colza par exemple. Il est vrai qu’elles reviennent un peu plus cher à l’achat, mais il faut reconnaître leur niveau d’efficacité. Au final, l’agriculteur peut être amené à gagner un passage et dans ce cas, le bénéfice est immédiat. Il faut savoir qu’en betteraves, un désherbage mal maîtrisé, c’est une nuisibilité en moyenne de 15 t/ha, soit une perte de 300 €/ha. Le petit plus investi dans les solutions beta-technologie est vite rentabilisé ! Heureusement, nous avons peu d’échecs, mais ça arrive les années difficiles, chez ceux justement qui cherchent à faire des économies. »

Comment conseillez-vous aux agriculteurs de les utiliser ?

« Nous encourageons les agriculteurs à les employer sur l’ensemble du programme ou, au moins, pour les deux premiers passages. Ils doivent aussi veiller à appliquer la bonne dose lors des deux premières applications, et à la réduire ensuite pour les derniers traitements. Les interventions de fin de programme associent souvent des produits type Safari ou Centium 36 CS qui renforcent l’efficacité sur certaines mauvaises herbes, mais peuvent aussi aggraver le manque de sélectivité du mélange. »

Quels axes de progrès ou d’évolution avez-vous identifiés pour renforcer la compétitivité de la culture ?

« L’arrivée des betteraves tolérantes aux herbicides de la famille des ALS devrait constituer une petite révolution. Elle devrait permettre d’obtenir un bon désherbage, en deux passages au lieu de quatre en moyenne actuellement, et avec à peine 100 g/ha de matières actives contre 2,5 kg/ha aujourd’hui. Le plus sur l’environnement sera indéniable. Sur le plan économique, nous n’avons pas encore la réponse, car nous ne savons pas à quel prix ces variétés seront vendues. Et l’expérience montre qu’une innovation variétale s’accompagne en général d’une petite baisse de rendement que les sélectionneurs mettent du temps à rattraper. La deuxième piste intéressante et la plus prometteuse, est celle de la génétique car elle restera le levier le plus important pour l’amélioration du potentiel de rendement et de la teneur en sucre. »