Conjuguer enherbement et rentabilité

La nutrition hydrique et azotée de la vigne, tout au long de son cycle végétatif, conditionne fortement le rendement mais aussi la qualité du moût.

Ils s’appellent brome du toit, koelérie, orge des rats, et sont très tendances. Leurs signes communs distinctifs : ils se développent peu, ne sont pas exigeants en eau et forment en fin d’été une couverture végétale courte et dense sur le rang de vigne. Ce semblant de fraîcheur qu’ils gardent en constituant un mulch séduit de plus en plus de conseillers techniques et de viticulteurs. Surtout si les périodes de sécheresse se font ressentir chaque campagne, jouant parfois les prolongations. “Les solutions complémentaires à la protection chimique sont certes à étudier, notamment dans les vignobles en quête de réduction des passages ou implantés sur un sol léger, souligne Guy Blanc, responsable technique Bayer. Mais, même dans les cas où l’enherbement entre les rangs se justifie, raisonner marge brute reste nécessaire. Or pour préserver la productivité du cep, il ne faut pas le mettre en situation de concurrence hydrique et azotée.” D’autant que l’effet volume est intéressant à aller chercher dans les vins de pays.

 

Rendement, qualité du vin et eau


Dans le cadre de ses expérimentations sur l’entretien des sols, Bayer et le Comité de développement du Beaujolais ont comparé, en 2010 et 2011, les différents itinéraires d’un vignoble du beaujolais dont l’inter-rang est enherbé et où a été semé sur la ligne de ceps différentes espèces peu concurrentielles dont la koelérie. La culture a été confrontée ces deux années à un stress hydrique au printemps. La parcelle de vigne caractérisée par un enherbement total (inter-rang et ligne de ceps) a donné en moyenne 65,8 hectolitres à l’hectare. Sa voisine, ayant reçu une application de Basta® F1 sur la ligne de ceps courant juin afin de contenir le développement de la graminée, a par contre livré 78,9 hectolitres par hectare. “La différence de 13,1 hl procure pour cette appellation un gain de revenu de 2 168 €/ha/an avec un vin valorisé à 165,5 €/hl. Ces résultats montrent que malgré des systèmes racinaires ne colonisant pas les mêmes strates de sol, celui du cep descendant jusqu’à 2,5 m alors que la koelérie reste plutôt en surface, une concurrence prolongée pour la nutrition n’est pas sans impact sur le rendement de la vigne”, explique Guy Blanc. Par ailleurs, si cette pratique de l’estivage limite les éventuelles pertes de volumes, elle garantit aussi une teneur des moûts en azote ammoniacal assurant de bons départs en fermentation.

 

Maintien du couvert végétal


Ce passage herbicide s’inscrit dans une logique de maintien du couvert en place. “Un semis de koelérie, de trèfle blanc ou de tout autre mélange couvrant représente un investissement, poursuit Guy Blanc. Pas question de reconduire cette dépense chaque année. Basta® F1, appliqué à dose réduite ne détruit pas la plante mais freine seulement sa croissance”. L’application peut être réalisée en mai après la première tonte ou bien fin juin après la seconde tonte selon la pluviométrie du millésime. Avec un délai avant récolte de 14 jours, Basta® F1 est le seul herbicide qui puisse être appliqué tard dans le cycle de végétation de la vigne en raison de son mode d’action par contact. Pour préserver l’efficacité des herbicides, il est important d’alterner les substances actives tient à souligner Guy Blanc. L’utilisation de Basta® F1 en programme permet de gérer de manière raisonnée la résistance au glyphosate.

 

Bien gérer l’estivage ou l’enherbement inter-rang
avec Basta® F1


L’estivage consiste à appliquer un herbicide de contact (Basta® F1) sur l’enherbement de l’inter-rang ou de la ligne de cep en période de stress hydrique pour limiter la concurrence de la strate herbacée vis-à-vis de la vigne. Il permet un rendement hectare plus élevé, une teneur en azote ammoniacal des mouts supérieure et parfois le gain d’une tonte si juin et/ou juillet sont humides. L’application s’effectue 3 à 7 jours après la tonte à la dose de 3 l/ha sur enherbement composé de graminées et à 2 l/ha sur enherbement de dicotylédones. Le volume de bouillie est de 150 l/ha et la répartition de la bouillie sur la végétation doit être excellente.