Comment construire un programme de désherbage responsable sur blé tendre ?

Casse tête ? Oui, car il n'existe pas de programmes de désherbage standards à appliquer selon une mauvaise herbe trop menaçante.

Plus fort, plus tôt, plus précis

Dans le cadre des programmes de désherbage durable en céréales d’hiver, nous insistons sur le traitement à l’automne.

En cas de fortes infestations, c’est lui qui préserve les quintaux car il évite toute mise en concurrence avec la culture. C’est le sens de notre qualificatif : « plus fort ». A titre d’exemple, Fosburi®, positionné en premier passage dès la première feuille du blé donne un très bon résultat sur un large spectre de graminées et dicotylédones.

Le conseil « plus tôt » exprime en fait le stade d’intervention « sortie d’hiver » pour le second passage. Les résultats des essais que nous avons conduits en 2010 (NDLR : voir infographie au bas de l'article) montrent que pour une intervention réalisée fin février, des gains d’efficacité de 18 % contre le vulpin et de 30 % contre le ray-grass ont été relevés, en comparaison des traitements réalisés fin mars.

Enfin, l’efficacité des produits s’exprime d’autant mieux dans ces programmes qu’ils sont appliqués à la bonne dose, au bon stade, avec une hygrométrie élevée sur un sol humide et si les températures ne sont pas trop élevées. Ce que suggère l’expression « plus précis ».

« Casse tête ? Oui, car il n’existe pas de programmes de désherbage standards à appliquer selon une mauvaise herbe trop menaçante. Néanmoins, au sein d’une rotation, chacun a la possibilité de jouer avec plusieurs modes d’action en fonction de la flore. Avec à la clé, le même mot d’ordre : alterner les solutions. L’essentiel étant d’assurer le rendement en passant tôt à l’automne comme en sortie d’hiver. »

Mathieu Hingant
Chef marché herbicides céréales

La clé d’entrée d’un programme de désherbage est l’adventice la plus préjudiciable pour le rendement. Généralement, en culture de céréales, les programmes se construisent autour des adventices majeures : vulpin, ray-grass pour les graminées, gaillet pour les dicotylédones.

En cas d’infestations fortes, une seule application ne suffit pas à venir à bout d’une ou de plusieurs populations de mauvaises herbes.

La seule solution est d’agir en deux temps. Des gains d’efficacité allant jusqu’à 30% dans le cadre de stratégie de désherbage conduites en programme ont été obtenus dans les essais conduits par Bayer sur la plateforme d’Eaux-Puiseaux dans l’Aube.

  • Une application à l’automne assure un nettoyage au préalable avec un herbicide couvrant largement les graminées et dicotylédones.
  • En sortie d’hiver, un second passage tôt, sur les adventices en conditions « poussantes » avec un produit ciblé, efficace, de type sulfolynurée ou Fop fait place nette.

Résultats essais - dates de traitement 2010

En 2010, l'effet date explique des écarts d'efficacité de 18% (vulpins) jusqu'à 30% (ray-grass).