Capital Propreté Parcelles - Février - Le raisonnement du programme en sortie d’hiver

Dans le cadre de parcelles fortement infestées, la construction d’un programme en deux temps, avec une intervention à l’automne puis un complément en sortie d’hiver, est un atout essentiel dans la préservation du rendement, la gestion du salissement de la parcelle et la gestion de la résistance. Les molécules utilisées sur ces deux passages possèdent des modes d’action différents. Le traitement en sortie d’hiver assure la finition. Il se définit à partir de l’état de salissement des parcelles de céréales, du type de flore dominante observée. La date d’intervention se prévoit en fonction du stade végétatif des adventices et de la culture en prenant en compte les conditions climatiques. Seule la bonne combinaison de ces paramètres garantit une efficacité complète de l’herbicide.

« Les traitements de sortie d'hiver, seuls ou en programme, doivent être définis selon le niveau de pression de la flore adventice au niveau de chaque parcelle. »

Roland BAFFA
Expert mondial des résistances chez Bayer CropScience AG

L’enseignement de l'hiver 2017-2018

En 2017, nous avons connu un automne avec, selon les régions, des périodes de sec plus ou moins longues. L’efficacité des traitements d’automne, fortement dépendante des conditions climatiques et notamment de l’humidité du sol, pourra être variable selon les régions. La surveillance est importante.

  • Si les plantes sont bloquées depuis le traitement, c’est signe que les produits d’automne font effet et ces plantes devraient disparaître au moment de la reprise de végétation ou avec les froids que nous avons connus au mois de février.
  • Si les plantes ont poursuivi leur croissance alors il faut envisager le rattrapage dès que possible.

En janvier, la douceur a prédominé et cela a contribué au développement des adventices restantes tout comme les cultures. Les fortes pluviométries n’ont pas toujours permis de mettre un pulvérisateur dans les champs dans de nombreuses régions. Le retour du froid sur février a ralenti un peu la croissance des adventices, mais il faut d’ores et déjà se préoccuper du positionnement du traitement de sortie d’hiver. Un traitement dès le retour des conditions climatiques favorables sera gage de réussite, surtout pour les parcelles où les semis ont été réalisés précocement.

« Bien nettoyer sa parcelle, c’est aussi préserver la propreté des cultures suivantes.Tout comme le traitement d’automne, le traitement de sortie d’hiver est essentiel pour assurer la préservation du potentiel de rendement de la parcelle, même si celui-ci est déjà grandement préservé dès l’automne. Par contre, il va jouer un rôle essentiel dans la préservation du capital propreté de la parcelle en éliminant des adventices restantes qui ne produiront plus de semences disponibles pour les cultures suivantes. »

Guillaume Chancrin
Responsable Technique

Déterminer la présence et l’infestation des adventices

La clé d’entrée pour construire le programme de sortie d’hiver, c’est la densité et la nature des graminées observées. Après un traitement d’automne, on retrouvera principalement des graminées, les dicotylédones ayant été dans la majeure partie des cas contrôlées. C’est leur présence qui déterminera le choix du produit. Que ce soit en finition ou pour un premier passage, si en février, le seuil de nuisibilité est atteint, le traitement est à prévoir au plus vite, dès que les conditions climatiques le permettent.

« Allez chercher les derniers vulpins ou ray-grass pour préserver le capital propreté. »

Eric Percheron
Ingénieur technique - région Est

Avis d'expert - Éric Percheron, ingénieur technique Bayer, région Est

« Si globalement les traitements d’automne ont bien fonctionné dans le grand Est, il y a un an, quelques parcelles avaient montré une moindre efficacité. La raison ? Des conditions trop sèches et un stade des adventices trop développé lors des applications. Les passages avaient toutefois abaissé la densité de population à un seuil qui ne compromettait pas le rendement. Alors la tentation avait été grande de faire l’impasse sur le programme complémentaire en sortie d’hiver. Dans ces cas-là, les quelques vulpins restants avaient monté à graines et enrichi le stock dans le sol pour l’année suivante. Rappelons que le passage en sortie d’hiver est celui qui préserve le capital propreté acquis et l’efficacité des désherbages à venir. Les interventions sont à programmer à partir de la mi-février, dès que les températures dépassent en journée les 5 à 6°C et en absence de gelées nocturnes. L’observation préalable reste indispensable, à la parcelle ou par groupe de parcelles semées à la même période pour évaluer la flore et les stades. »

Intervenir tôt

Les plantes jeunes, moins vigoureuses, sont plus sensibles à l’effet des herbicides.

Viser le tout début de la reprise de la végétation :

  • Graminées : avant la fin du tallage de l’adventice.
  • Dicotylédones : avant leur stade 4 à 5 feuilles.

Un gain de 6 points d’efficacité est observée sur vulpins et ray-grass avec Pacifica® Xpert sur 13 essais réalisés en 2012 pour une application effectuée mi-tallage par rapport à une application de fin tallage.

Désherber avant de fertiliser !

Afin de préserver le rendement de la culture et d’optimiser l’efficacité des herbicides, il est essentiel de désherber avant le premier apport d’azote.

Surveiller la météo

Traiter dans les bonnes conditions : pas de vent, sol humide, hygrométrie > 60 %, température de 5 à 20 °C, conditions «poussantes» dans les jours suivants le traitement.

  • Une chute de températures ne doit pas non plus être annoncée dans les 5 jours suivant le traitement. Les conditions sont plus favorables avec une hausse des températures moyennes dans ce même délai.
  • La plage idéale pour appliquer les herbicides se situe entre 5° et 20°C.
  • Si les températures deviennent négatives, l’utilisation de produits foliaires systémiques est déconseillée.
  • L’écart de température entre la nuit et le jour ne doit pas dépasser 15°C.
  • Si le sol doit être humide en surface, aucune pluie ne doit être prévue pendant le traitement et dans les 3 heures qui suivent.
  • L’hygrométrie doit être supérieure à 60 % pour favoriser la pénétration du produit dans la plante grâce à une meilleure hydratation de la surface de la feuille.

Les recommandations pour désherber sont les mêmes pour les différents produits, que ce soit pour Atlantis® Pro, Archipel® Duo et Pacifica® Xpert.

À savoir

L’expression végétation « poussante » correspond à un climat favorable pendant les 10 jours qui encadrent le traitement herbicide.

La gamme Bayer

Bayer propose une gamme complète de solutions en sortie d’hiver pour plus de performances face aux graminées et dicotylédones. Le choix pourra être orienté en fonction des espèces dominantes et de l’organisation des chantiers de traitement.

Si la flore adventice est composée de graminées en l’absence de résistance sur la parcelle, avec une présence de dicotylédones.

Le désherbage en sortie d’hiver précoce est prévu en solo si le salissement est faible ou en complément de celui d’automne si le salissement est élevé.

  • L’application est composée d’Archipel® Duo à 1 l/ha + Actirob B® ou de Pacifica® Xpert à 0,5 kg/ha+ Actirob® B 1 l/ha + Actimum® 1 l/ha.
  • Pacifica® Xpert offre une efficacité intéressante à 0,5 kg/ha sur les principales dicotylédones : matricaire, stellaire, crucifères et gaillet.

Si la problématique est surtout due aux graminées.

Le programme en sortie d’hiver précoce est composé d’Atlantis® Pro + Actirob® B utilisé en solo ou en finition derrière une base automne pour les parcelles très sales et compliquées à contrôler.

  • En forte infestation, un programme performant avec Atlantis® Pro en partenaire de sortie d’hiver permet de gagner jusqu’à 25 q/ha sur vulpin et jusqu’à 13 q/ha sur ray-grass. La dose est d’1,5 litre par ha sur céréales d’hiver et de 1 l/ha sur blé de printemps.
  • À noter : Atlantis® Pro peut être associé à tout herbicide anti-dicotylédones si besoin, il est efficace sur matricaire, stellaire et crucifères.
  • Autre option : Pacifica® Xpert. Il offre un haut niveau d’efficacité sur graminées : vulpin, ray-grass, pâturins et agrostis.

« Le niveau d’infestation de graminées est déterminant pour choisir le produit. Si le vulpin domine, la modulation de la dose d’herbicide selon sa densité est envisageable. Par contre, si les ray-grass sont majoritaires, la pleine dose homologuée de l’herbicide est à respecter »

Guillaume Chancrin
Responsable Technique

Si le vulpin domine

En cas de flore dominante composée de vulpins, agrostis jouet du vent, pâturins annuel et commun, une modulation de dose pour Archipel® Pro, Pacifica® Xpert et Atlantis® Duo est possible.

  • La dose d’Archipel® Duo peut-être de 0, 8 l/ha à 1 l/ha. Le produit apporte 8 points d’efficacité à 0,8 l/ha par rapport aux autres produits du marché. Sa supériorité est également démontrée sur ray-grass.
  • La dose de Pacifica® Xpert est de 0,3 à 0,5 kg/ha. Les essais conduits en 2014 sur 7 parcelles fortement infestées en vulpin avec plus de 100 pieds/m2 montrent un gain d’efficacité de 3 points pour le traitement à 0,5 kg/ha (93,8 %) en comparaison à celui dosé à 0,3 kg/ha (91,9%).
  • La dose d’Atlantis® Pro est de 0,9 à 1,5 l/ha.

« Allez chercher les derniers vulpins ou ray-grass pour préserver le capital propreté. »

Eric Percheron
Ingénieur technique - région Est

Si le trio vulpin, ray-grass, gaillet est observé.

  • Le choix peut s’orienter vers Pacifica® Xpert. Il associe les plus hauts standards : le mésosulfuron-méthyl et le iodosulfuron-méthyl sodium contre les graminées et l’amidosulfuron contre le gaillet. Cette troisième molécule apporte également une efficacité non négligeable sur d’autres dicotylédones.
  • À noter : la modulation de dose est possible sur vulpin, agrostis jouet du vent, pâturin annuel et commun, matricaires, stellaires, crucifères et gaillet, de 0,3 à 0,5 Kg/ha.

Les atouts de la formulation Tech Plus

La formulation huileuse Tech Plus optimise le comportement de l’herbicide (Atlantis® Pro et Archipel® Duo) sur la feuille avec notamment une meilleure adhérence et pénétration. La matière active entre plus vite dans la plante sans déperdition.

Sur vulpin, la formulation Tech Plus apporte une efficacité supplémentaire de 3 points en moyenne et de 8 si les conditions climatiques sont limitantes, avec un niveau d’infestation élevé et une climatologie peu favorable. Sur ray-grass, le bénéfice obtenu est de 13 points en moyenne, toutes situations confondues.