Agronomie et programme chimique diversifié, deux outils à combiner pour un désherbage réussi

Année après année, la plateforme d’essais Herbinnov confirme l’intérêt de combiner les mesures agronomiques avec la chimie pour un désherbage efficace. La diversification des modes d’actions utilisés, autour des incontournables ALS, étant la base d’un programme réussi.

Herbinnov 2018 – Plateforme de Coutevroult (77) – Séance de questions/réponses autour des parcelles semées en cultures de printemps.

Les résultats de la plateforme Herbinnov (77), et plus particulièrement ceux de l’année 2018, mettent en avant l’intérêt d’une rotation diversifiée dans la lutte contre les adventices. Par exemple, entre les implantations répétées de blés en 2014, 2015 et 2017, le choix d’un colza en 2016 et de betteraves en 2018, dans un rôle de cultures « nettoyantes », a permis de remonter le niveau d’efficacité des désherbages, en particulier dans le cas d’un programme chimique peu diversifié (sortie d’hiver seule sur blé).

Non labour + Non binage

L’intérêt de combiner diversité agronomique et chimique (programme automne et ALS en sortie d’hiver) est très clair : des résultats d’efficacité constants, avec l’apport des cultures « nettoyantes » en 2016 et 2018. Le recours aux leviers agronomiques améliore également la performance du désherbage. Dans le cas d’une rotation blé-blé-colza-blé-betterave, un labour en année 2, un semis décalé pour les blés et un labour plus binage en année 5 montrent leur utilité pour pérenniser l’efficacité du désherbage.

Intérêts des leviers agronomiques : 2 labours + binage + semis décalé blé

Résultats plus convaincants avec un programme chimique diversifié

« Les mesures agronomiques et en particulier celles liées à la rotation font remonter les courbes d’efficacité. Mais les résultats les plus convaincants sont systématiquement obtenus avec des programmes chimiques diversifiés »

Guillaume Chancrin
Responsable Technique Herbicides Céréales chez Bayer

Les expérimentations menées dans le cadre d’Herbinnov le démontrent de manière significative. De plus, il a été démontré que l’efficacité du désherbage mécanique et du décalage de la date de semis, en l’absence d’utilisation des différentes familles d’herbicides, finit par s’éroder dans le temps.

La famille des ALS : un pilier important dans la stratégie de désherbage

100 % d'efficacité d’un désherbage en année 5, dans le cas d’une rotation blé-maïs-blé-maïs-blé, avec des programmes diversifiés sur chaque culture.

Dans la construction de ces programmes, les molécules de la famille des ALS comme le mésosulfuron ou l’iodosulfuron, restent des piliers du désherbage sur les cultures majeures que sont le blé et le maïs. Avec ce type de modes d’actions utilisé seul, sans diversité, la dégradation de l’efficacité du désherbage est effectivement rapide. Mais dès lors que les ALS sont intégrées dans des programmes chimiques diversifiés, elles conservent leur utilité et leur efficacité sur le long terme. Et cela, même en cas de début de résistance.

L'agronomie est importante pour pérenniser le désherbage mais sans diversité chimique, l'agronomie ne suffit pas

Pour Guillaume Chancrin, le verdict rendu par la plateforme Herbinnov est sans équivoque : agronomie (rotation, action mécanique, choix de la date de semis…) et programmes chimiques sont les deux piliers du désherbage des grandes cultures à associer : « C’est la combinaison des deux qui permet de réduire considérablement le risque d’échec. »

La diversité des solutions, ça paye !

Diversifier les moyens pour maîtriser les adventices n’est-elle pas une stratégie plus coûteuse ? Les essais menés par Bayer ont permis d’apporter des éléments de réponse. « Multiplier les chantiers agronomiques et déployer des modes d’actions chimiques diversifiés coûte plus cher, mais le résultat est au rendez-vous dans les deux cas », explique Guillaume Chancrin. « La marge produite à l’échelle de la rotation est avantageuse dans chacun des cas, mais l’est d’autant plus lorsque l’on investit sur les deux leviers. » Ainsi, l’association des solutions « agronomie et chimie peu diversifiées » représente 534 € de charge à l’hectare contre 782 € dans le cas d’itinéraires plus complexes. Mais le revenu passe alors de 2456 € à 4515 €, soit une marge nette supérieure de 1811 €.

Résultats économiques à l'échelle de la rotation

Alors que l’évènement changera de format dès 2019, en s’implantant dans plusieurs régions de France, les conclusions de ces cinq dernières années d’Herbinnov forment le socle des futures expérimentations pour mieux prendre en compte les spécificités locales.

« Face à la problématique désherbage, aucune solution n’est suffisante en soi. Cet axe de travail constituera le fil conducteur de nos cinq plateformes régionales. »

Guillaume Chancrin
Responsable Technique Herbicides Céréales chez Bayer
À retenir

73,1 q/ha de blé avec zéro ray-grass par mètre carré : tel est le niveau d’efficacité de la conduite d’une rotation blé/maïs/blé/maïs avec deux labours, un semis décalé du dernier blé et un programme de traitement d’automne diversifié. La même conduite agronomique avec un seul traitement en sortie d’hiver donne un rendement de 50,7q/ha et 8 ray-grass par mètre carré.