Les atouts du désherbage mixte en maïs : les réponses à vos questions

Retrouvez toutes les réponses à vos questions posées à Loïc Massy (Agriculteur dans les Landes) lors de notre webinar Culture Champs, sur le thème : « Les atouts du désherbage mixte en maïs » :  Quels dispositifs mis en place sur son exploitation ? Quelles modalités pour le binage en maïs ? Le désherbage mécanique peut-il faire évoluer les pratiques ?...

Lors de notre précédent webinar, nous avions parlé de l'importance de trouver des solutions alternatives aux produits conventionnels. Nous avions exploré les pistes du biocontrôle en colza. Dans cette édition, nous allons aborder une autre voie de transition en grandes cultures : le désherbage mixte en maïs.

Nous avons invité cette fois-ci Loïc Massy, agriculteur dans les Landes et Kevin Hirbec, chef marché maïs chez Bayer pour un retour d'expérience en désherbage mixte (phyto + mécanique). L'idée forte de cette discussion étant de « faire mieux en mettant moins ». En effet, Loïc, qui était auparavant en 100% chimique, met en oeuvre depuis 2016 de nouvelles méthodes pour réduire ses intrants, sans impacter pour autant son rendement.

N'hésitez pas à regarder le replay du webinar (vidéo ci-contre) : retour d'expérience, enjeux, pratiques et perspectives... C'est à vos questions que nous répondons.

Retrouvez vos questions autour des modalités de désherbage mécanique en parcelle maïs :

  • Quel(s) dispostif(s) mis en place par l'agriculteur ?
  • Quelles modalités pour le binage en maïs ?
  • Le désherbage mécanique peut-il faire évoluer les pratiques ?

Les pratiques de désherbage mécanique sur les parcelles de Loïc Massy, agriculteur dans les Landes

Écartement du semis, type de variétés, produits utilisés... quel protocole avez-vous mis en place sur vos parcelles ?

Réponse de Loïc Massy : « Pour l’écartement, nous sommes encore à 80 cm. Nous sommes en réflexion pour passer à 60. Nous avons fait avec le matériel que nous avions mais lors du renouvellement, nous réduirons l'écartement. Pour les variétés, il y a encore de sacrées différences, il faut qu'on trouve des variétés plus couvrantes. Concernant le type de produits, nous avions gardé en 2016 l’ancien protocole, «Spectrum + Atic aqua» puis nous sommes passés à Adengo®. Mais du fait des parcelles en bord de ruisseau, nous sommes passés sur un Spectrum sur la ligne de semis depuis 2 ans. »


Réponse de Kevin Hirbec :
« à noter qu'aujourd'hui il existe une nouvelle version de l'Adengo® l'Adengo® XTRA dont le DVP est désormais de 5m et non plus de 20m.»

Vous avez observé de nouvelles adventices sur votre exploitation. Est-ce dû au changement de pratiques ou bien pour d'autres raisons ?

Réponse de Loïc Massy : « Je pense que le fait de ne pas désherber fait lever des adventices que l’on ne voyait pas avant. D’autres sont arrivées par les eaux comme le Sycios, par certains irriguants à 50 kms de chez moi et petit à petit par la faune. Donc tout n’est pas uniquement dû à l’aspect technique. Cela dépend aussi du type de flore. On revoit de la renouée liseron qu’on ne voyait pas avant. Après je ne sais pas s’il faut l’attribuer à la technique ou pas. »

Mettre en oeuvre un programme de binage en culture maïs

Quelles sont les perspectives d’évolution sur votre exploitation en plus du binage ?

Réponse de Loïc Massy : « Nous avons introduit ces pratiques depuis 2016. Nous sommes sur un système « classique » en labour. Faire mieux risque d’être compliqué. Mais depuis 3-4 ans nous travaillons les couverts végétaux ou d'autres céréales, comme le blé, ou le colza. Même les prairies sont travaillées beaucoup plus simplifiées (semis direct). Notre souhait est de passer nos maïs en semis sous-couvert ou ultra simplifié. Niveau matériel, nous ne sommes pas équipés. En 2021, nous aurons une parcelle de l’exploitation en test. »

S’il y a des conditions météorologiques sèches derrière le binage, il y a un re-salissement difficile à gérer. Êtes-vous touché aussi ?

Réponse de Loïc Massy : «  On avait parfois des relevés après le 1er passage. Après le second passage, le maïs est déjà bien haut. Et quand il couvre, il y a très de peu de relevées. Par contre, c'est évident qu'il faut accepter que les champs soient beaucoup moins propres que lorsque nous étions en 100 % chimique. L'important c'est de ne pas laisser dépasser. A l'automne, nous avions un peu de mercuriales mais sans impact sur le rendement. Au final, il faut beaucoup de surveillance pour passer au bon moment. Le fait d’être en CUMA est aussi un avantage car cela permet d’intervenir rapidement. »

Les perspectives d'évolution du désherbage maïs : augmenter la "valeur environnementale"

Des essais comparatifs d'enherbement sont-ils menés entre un écartement à 80 et à 60 cm ?

Réponse de Loïc Massy : « Non. Nous ne l’avons pas travaillé car nous ne sommes pas équipés en 60. Donc je ne sais pas. »

Réponse de Kévin Hirbec : « De notre côté, ce sont des choses qu’on étudie et qu’on surveille effectivement surtout en traitant sur les densités de semis et forcément l’écartement du rang, en travaillant sur le pouvoir couvrant des différentes semences. Je n’ai pas encore de retour technique aujourd’hui mais ce sont des choses qu’on suit sur lesquelles nous pourrons faire des retours plus construits dès qu’on aura des éléments finalisés. »

Pourrait-on essayer un protocole en combinant l’écartement à 50 ou 60 cm avec un passage de roto-étrille + binage ?

Réponse de Loïc Massy : « En 2016 on a mis en place une bande en zéro phyto. C’est très compliqué et pour moi c’est prendre des risques. C’est très facile de se salir les parcelles. Aller au zéro, je pense que c’est dangereux vis à vis de la flore rééchelonnée. »

Réponse de Kévin Hirbec : « Pour compléter ce que dit Loïc, le but de demain, surtout par rapport à nos solutions, c'est qu'elles portent un maximum de valeur environnementale. On se rend compte finalement que techniquement, c'est pas forcément avec du zéro phyto qu'on apporte les meilleures réponses aux contraintes (par exemple HVE). C'est peut-être en faisant moins de phyto mais en le faisant mieux. Et en combinant des passages et des produits qui sont plus adaptés et qui apportent des solutions. Mais aussi en introduisant du mécanique là où c'est nécessaire. »

« Le but, c'est de travailler sur des solutions qui permettent de faire mieux, mais c'est pas forcément 0 ou 100% chimique ou 100% mécanique. Je pense que le mieux est situé entre les deux et c'est tout le but de nos plateformes et de notre travail sur les années à venir. »