Idée reçue n° 6 : « Produire sans pesticide une nourriture saine et accessible, c’est possible »

La très grande majorité des cultures alimentaires cultivées ont besoin d’être protégées. Utilisés selon les bonnes pratiques agricoles, les produits phytos se révèlent nécessaires pour obtenir des aliments de qualité, qui se conservent mieux et qui, tout en rémunérant les producteurs, restent accessibles pour le consommateur.
" Traiter, une obligation réfléchie "

Sur l'EARL Brayer, ferme de références Bayer située à Germaine (02), Charlotte Brayer et son frère Jean-François testent l'utilisation d'images satellites pour optimiser, sur chacune de leurs parcelles de blé, les traitements fongicides.

" Nous traitons nos cultures uniquement lorsque nous ne pouvons faire autrement. Pour obtenir des produits de qualité, respecter l'environnement, l'applicateur, le consommateur... et notre portefeuille !

Les produits phytosanitaires ont un coût. Les interventions dépendent beaucoup des années climatiques et des pressions parasitaires associées. En 2015, par exemple, nous avons pu réduire d'un tiers le nombre de traitements anti-mildiou sur nos pommes de terre. La connaissance de nos parcelles, nos tours de plaine réguliers et les outils d'aide à la décision nous permettent chaque année de n'intervenir que si nécessaire. "

Maladies, insectes nuisibles, mauvaises herbes… Les plantes cultivées pour l’alimentation sont parfois exposées à un milieu hostile. La garantie d’obtenir des aliments de qualité peut passer par une utilisation de pesticides dès lors que cette dernière est raisonnée. On ne traitera que si nécessaire et le moins possible (la bonne dose au bon moment). Même en agriculture biologique les cultures doivent être protégées – en effet 1/4 des produits phyto utilisés en France (en volume) sont autorisés en agriculture biologique.

Mais pour quelles raisons les plantes ont-elles besoin d’être protégées ?

1. Des aliments de qualité

Qualité sanitaire Les produits alimentaires peuvent être mis à mal par des toxines naturelles, les produits phytos se révèlent alors indispensables. Ils permettent par exemple de lutter contre des mycotoxines produites par certains champignons, comme les DON, cinquante fois plus toxiques que la molécule de référence utilisée pour lutter contre la maladie ! Les produits phytos évitent également, entre autres, la présence de graines toxiques de mauvaises herbes comme la Morelle, susceptibles de se retrouver dans les petits pois destinés à la consommation. Qualité organoleptique Le botrytis sur le raisin induit par exemple des défauts olfactifs et des goûts désagréables dans le vin, qui peuvent être évités avec une protection adéquate.
Les résidus de pesticides dans les aliments sont connus, évalués, réglementés et contrôlés. Tout est mis en oeuvre pour protéger la santé du consommateur.
Qualité visuelle Il conviendra de mettre à disposition des consommateurs des aliments d’aspect convenable, qui croquerait dans une pomme verrée ? Qualité technologique Des mycotoxines naturelles sont susceptibles de dégrader la qualité technologique nécessaire à la transformation de produits alimentaires. A titre d’exemples: Le blé présentant certaines mycotoxines produit une farine inutilisable pour la panification. Sur orge, certaines mycotoxines sont à l’origine d’une mousse trop abondante dans la bière.

2. Une meilleure conservation des aliments

Les produits phytos permettent de réduire les pertes alimentaires après récolte. Selon des données de la FAO, 30 à 50% de la production alimentaire mondiale seraient perdus entre le champ et l’assiette du consommateur s’ils n’étaient pas protégés.

3. Des rendements rémunérateurs pour les producteurs

Les produits phytos préservent les récoltes et donc le revenu des agriculteurs. Selon des données de la FAO toujours, sans traitement, la production de pommes de terre serait par exemple réduite de 45% (2).

4. Une nourriture moins chère pour le consommateur

Depuis les années 1970, la part de l’alimentation dans le budget des ménages a fortement baissé: de 26,5% en 1960, elle est passée, selon l’Insee, à 14,7% en 2010. Cette diminution résulte d’une amélioration de la performance de l’agriculture à laquelle les produits phytos participent.

Évolution de la part de l’alimentation dans le budget des ménages (3)

(1) Publi innovations agronomiques 48 (2015) – INRA / Données FAO 2011
(2) FAO 2005
(3) INSEE
(4) UIPP