Réussir son semis de colza

Le semis est une phase capitale pour la culture du colza. Une levée rapide et homogène permet aux jeunes plants de mieux résister aux ravageurs d’automne, altises et limaces, et d’être suffisamment vigoureux en entrée d’hiver.

Choisir ses variétés

Le choix d’une variété doit prendre en compte :

  • les caractéristiques agronomiques de la parcelle,
  • les profils de résistance aux maladies (phoma, cylindrosporiose, hernie du chou…).

Grâce à leur vigueur, les variétés hybrides sécurisent l’implantation dans les situations difficiles (faible densité, insectes, hydromorphie…). De plus, les variétés à implantation rapide favorisent la couverture du sol et limitent la compétition des adventices et des repousses de céréales.

Implantation du colza

Le colza a besoin d’un sol fissuré pour favoriser un bon développement du pivot et ainsi assurer une bonne alimentation de la plante. Dans tous les cas, les différents systèmes de culture (semis direct, strip-till, labour…) doivent permettre de conserver une bonne humidité du sol avant le semis. En cas de résidus importants de paille, la pratique du déchaumage est intéressante pour favoriser leur décomposition et limiter les populations de limaces.

Un lit de semences fin et frais

Il est important de réaliser un lit de semence fin pour un bon contact sol-graine et ainsi permettre une germination et un développement rapide. Il faut veiller également à limiter la présence de pailles dans le lit de semences afin de ne pas l’assécher.

Semer tôt

  • Un semis précoce (par rapport à la pratique régionale) est une bonne stratégie d’esquive face aux ravageurs, notamment les altises. Cela permet d’obtenir un colza qui a dépassé le stade sensible lors des premiers vols.
  • Si on reste sur une date de semis traditionnelle, il faut miser sur des variétés vigoureuses, pour un développement rapide du pivot et de la masse foliaire.

La densité optimale est de 30 à 40 plantes/m2 en lignées, 20 à 30 plantes/m2 avec les hybrides. Soit 1 à 2 kg de semences/ha selon le PMG. La profondeur optimale est de 2 cm. Un rappuyage après semis aide à garder l’humidité du sol.

Une fertilisation complète

Le colza a des besoins élevés en azote, potasse, phosphore et en soufre. L’azote est l’élément essentiel de la conduite de la fertilisation.

La disponibilité du phosphore et de l’azote à l’automne est un des facteurs clés de la croissance continue du colza, permettant ainsi une bonne implantation et une meilleure maitrise des dégâts d’insectes.

Quand cela est nécessaire, un apport localisé d’engrais azoté au semis permet de booster le démarrage.

Des semis à bien protéger des ravageurs

Les limaces sont très nuisibles durant la phase de levée des cultures. La présente de motte de paille ainsi que l’humidité du sol vont favoriser leur activité. Dans ces situations, une surveillance accrue avec la mise en place de piégeage est recommandée.

Il faut raisonner sa stratégie de lutte en combinant outils agronomiques et chimiques. Face aux insectes, altises et charançons, des plantes robustes aident à compléter la protection phytosanitaire. Il faut faire particulièrement attention aux petites et grosses altises.

Désherber tôt pour réduire la concurrence

Pour réduire la concurrence, mieux vaut éliminer les adventives au plus tôt, avec un programme adapté à la flore de la parcelle. Dans le cas d'une faible pression graminée, un désherbage tout en post-levée, plus axé sur les dicotylédones est possible pour un coût raisonnable. Si la parcelle est propre, cela permet de faire l'impasse sur le désherbage ou de l'ajuster à la flore présente.

Appliquer un régulateur pour éviter l’élongation

Un colza élongué avant l’hiver est plus exposé au risque de gel et aux attaques de phoma. Pour limiter les élongations automnales, un régulateur doit être appliqué en cas de :

  • levées précoces,
  • forte disponibilité en azote,
  • variété sensible à la verse .