Fusariose : une maladie, plusieurs champignons

Dernière mise à jour le 10/03/2014

Généralités

La fusariose se révèle être la première maladie sur l’échelle du risque puisque qu’elle affecte non seulement le rendement mais aussi la qualité des grains. Dès que l’humidité printanière grimpe, les étamines du blé sont menacées par plus de vingt espèces de champignons responsables de cette maladie.
Bien souvent, les pathogènes identifiés appartiennent soit au genre Fusarium spp, soit au genre Microdochium spp.
Point important, les espèces du genre
Fusarium secrètent des mycotoxines dont la présence dans les denrées alimentaires ne doit pas dépasser des seuils réglementaires.

Une petite vingtaine d’espèces responsables de la fusariose sévit au champ. Les plus souvent rencontrées sont Fusarium graminearum, F. culmorum, F. avenaceum, F. tricinctum, Microdochium nivale et majus.
Les fusarioses des épis du blé sont dues à des agents pathogènes de deux genres différents : le groupe Fusarium spp. et le groupe Microdochium spp.

Microdochium est représenté par deux espèces : M. nivale, la plus fréquente et M. majus. Ces espèces ne produisent pas de mycotoxines. Elles s’infiltrent à l’intérieur du grain et peuvent en altérer les propriétés germinatives.

Cinq espèces majeures sont présentes en France dont F. graminearum, espèce dominante sur le territoire et F. culmorum. Tous les Fusarium sont susceptibles de produire des mycotoxines.

Dégâts sur épis provoqués par Fusarium spp sur des épis de céréales.
Dégâts sur épis provoqués par Fusarium spp sur des épis de céréales.
Dégâts sur épis provoqués par Microdochium spp sur des épis de céréales.
Dégâts sur épis provoqués par Microdochium spp sur des épis de céréales.

Nuisibilité

Sur le blé, les pertes de rendement peuvent atteindre 15 à 30 qx/ha.
La maladie affecte la qualité sanitaire de la récolte, les Fusarium spp produisant des mycotoxines en quantité diverses. Les mycotoxines endommagent la qualité technologique des grains (baisse du PS, PMG, faculté germinative) et pénalisent la plupart des débouchés.

Conséquences

Maladies et risques sur le rendement et qualité des grains :

RouillesSeptoriosesFusarioses
Rendement••••••••
Qualité•••••••

Les espèces du genre fusariose s’installent en superficie et à l’intérieur du grain. Elles émettent des mycotoxines qui diffusent à l’intérieur.

Cycle

Les cycles épidémiologiques des champignons responsables de la fusariose sont assez mal connus. Les facteurs climatiques et agronomiques influencent fortement leur développement, mais diffèrent d’une espèce à l’autre. F. graminearum sera prépondérant dans toutes les régions françaises, les régions les plus froides s’identifiant comme le terrain de prédilection de Microdochium.

Dans le cas de Fusarium graminearum, les asques se développent et expulsent à maturité les ascospores (spores de reproduction sexuée) en mai-juin, lorsque l’humidité est suffisante. Ces spores sont dispersées par le vent sur les feuilles et les épis. Elles forment les bases de la contamination primaire.
Les conidiospores (spores des fructifications asexuées), présentes sur les résidus de culture ou aux premiers étages de la plante, se propagent par l’effet splashing au niveau des étages supérieurs jusqu’à l’épi qu’elles contaminent en germant au travers des anthères.

Pour la dispersion de Microdochium, les éclaboussures de pluie ou effet splashing tiennent un rôle important. Une goutte de pluie tombant au sol, capture la conidie et l’emporte sur une feuille lorsqu’elle rebondit. La propagation s’effectue ainsi, de façon ascendante, jusqu’à la fleur.

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