La recherche mobilisée pour améliorer les connaissances et mieux appréhender les risques fusarioses et mycotoxines

Dernière mise à jour le 20/05/2013

Friedrich Kerz-Moehlendick, Responsable support produit et projet pour la recherche Bayer, travaille au centre de recherche de Monheim en Allemagne. Pour lui, la recherche va bien au-delà de la mise au point de formulations. Elle porte aussi sur l'amélioration des connaissances, la création d'outils et de services afin de mieux appréhender le développement des différentes espèces de fusarioses. Explications.

Bayer développe de nombreuses activités de recherche et développement dédiées à la fusariose. Ces travaux ont débuté à la fin des années 1980 avec la découverte de l’efficacité du tébuconazole contre cette maladie. Malgré les progrès de la science pour protéger les cultures, les contaminations des grains par les mycotoxines demeurent problématiques. Si la réglementation porte actuellement sur les teneurs en mycotoxines DON dans les grains, elle pourrait bientôt s’étendre aux toxines T2 et HT2.

   

Quel type de recherche réalise Bayer sur les Fusarium spp ?

F.K.-M. : Les recherches sur les molécules ne sont pas notre seul objectif. Dans les années 1990, nous avons concentré beaucoup de nos efforts sur l’étude de l’épidémiologie de Fusarium spp afin de comprendre les processus de contaminations. Nous avons aussi amélioré les technologies de formulation et d’application de nos produits pour augmenter leur efficacité, offrir plus de facilité dans l’application mais aussi accroître nos connaissances concernant le contrôle de la fusariose. Le développement de Prosaro® est un parfait exemple. Cette solution contient un mélange de tébuconazole et de prothioconazole. Le produit donne de meilleurs résultats, notamment lorsque l’intervention au moment le plus opportun est difficile à réaliser en raison des aléas climatiques.

  

Quels sont les différents projets menés ? 

F.K.-M. : L’approche multidisciplinaire utilisée pour expliquer et optimiser l’emploi de produits phytosanitaires mobilise un grand nombre de personnes. L’outil d’aide à la décision DONcast ®, portant sur les risques de contamination des grains de blé par les DON à partir du stade épiaison, est d’envergure européenne. Il est activement soutenu par des équipes se trouvant dans 14 pays à travers toute l’Europe.

“Nous suivons 5 000 parcelles d’essais chaque année pour calibrer notre outil.”

Avec DONcast ®, Bayer développe un service pour mieux gérer les risques fusariose et mycotoxines sur le blé. Une autre action porte sur le suivi des espèces de Fusarium pour la sélection de souches potentiellement résistantes. Une forte coopération existe entre le terrain et les laboratoires. Les ingénieurs collectent des échantillons et les envoient au centre de recherche de Monheim en Allemagne. Là, nos scientifiques testent la résistance de ces échantillons aux fongicides avec des méthodes spécifiques.

   

Comment évoluent les espèces de Fusarium en Europe ? Des résistances sont-elles apparues ?

F.K.-M. : Différentes espèces de Fusarium sont connues pour contaminer les céréales. Selon les années, on peut dénombrer jusqu’à huit mycotoxines sécrétées par les espèces de Fusarium. L’espèce la plus présente est F.graminearum. Si nous focalisons nos travaux sur cette espèce, nous en menons aussi d’autres sur des espèces communes comme F.langsethiae et ses mycotoxines associées, les toxines T2 et HT2.

Outre les céréales à paille, nous réalisons aussi des travaux de recherche sur le maïs. Jusqu’à présent, nous n’avons pas détecté de résistance lors de notre contrôle annuel, ce qui nous laisse assez optimiste pour l’avenir. Si malgré tout une résistance devait apparaître, elle serait très progressive.

Bon à savoir

Les principales espèces affectant la qualité des semences sont Fusarium spp et Microdochium spp. Puisque le champignon contamine l’embryon, semer des graines infectées par Fusarium spp engendre une perte de vigueur de la plante et réduit la levée. Fusarium spp produit des grains partiellement “ratatinés” et plus légers, Microdochium spp contamine le germe sans modifier le poids.

  

Cartographie Fusariose, pour mieux suivre l’évolution de la maladie

Depuis la mise en place de la Carto Fusa, les ingénieurs techniques de Bayer suivent en moyenne 400 parcelles d’agriculteurs, implantées dans toutes les régions céréalières. Ils ont pour objectif d’étudier le développement des maladies de l’épi, de la floraison à la récolte. Les analyses portent aussi sur les teneurs en mycotoxines DON dans les grains récoltés du témoin des parcelles traitées avec Prosaro® ou Kestrel® et des parcelles “programme agriculteur”. Si cette cartographie identifie depuis 1997 des niveaux de contaminations variables, le risque Fusarium spp est toujours présent en France : “le climat est le principal facteur qui va favoriser le développement des fusarioses”, témoigne Robert Canales, Responsable technique fongicides céréales.

Toutefois le potentiel d’infection peut être abaissé à l’aide des pratiques agronomiques : enfouissement des résidus, rotation, choix des variétés…

Pour en savoir plus sur cette thématique contactez Bayer Service Infos

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