Les méthodes agronomiques pour limiter la pression maladies

Dernière mise à jour le 22/04/2014

Un programme de traitement se raisonne toute l'année, bien au-delà du seul produit et de son stade d'application. Rotation des cultures, choix variétal, travail du sol, densité de semis, observations régulières des stades... toutes ces étapes sont fondamentales pour maîtriser une maladie. Quand l'agronomie parasite les champignons...

« La protection fongicide et l’agronomie sont complémentaires »

« Les céréaliers sont de plus en plus en plus attentifs aux conseils qui permettent de réduire la pression parasitaires au champ ». Tel est l’un des principaux enseignements de l’enquête que nous avons conduite auprès de 250 céréaliers en 2009.
Elle portait sur la problématique mycotoxines. Néanmoins, quelle que soit la maladie, si pour les agriculteurs la protection fongicide reste le premier levier  pour enrayer ou pour prévenir son développement, près du tiers mettent en place des pratiques culturales adaptées. Un décalage est à souligner, puisque plus de la moitié des techniciens préconisent des mesures agronomiques.
L’accent doit donc être mis sur l’accompagnement. D’autant que 60 % des céréaliers se déclarent intéressés par des conseils permettant un meilleur contrôle, en l’occurrence dans l’enquête, de la fusariose.

Robert Canales
Gaëlle Curé

Les méthodes agronomiques sont indissociables des traitements phytosanitaires. Et les raisons en sont nombreuses. En limitant en amont la propagation des maladies et ravageurs, ces actions préventives permettent d’utiliser les fongicides seulement si nécessaire. Toute la performance des produits se révèle bénéfique lorsque le rendement est menacé. La lutte fongicide s’inscrit bien dans une chaîne de décisions qui conduit à garantir le meilleur gain de productivité.

L’avantage de l’agronomie n’est pas seulement économique et environnemental. Le but est aussi de limiter la pression exercée par les molécules sur les champignons : moins de passages évitent le développement des résistances.
Ces leviers agronomiques sont aussi appelés la prophylaxie.

 

Sept leviers à actionner en culture céréalière

Pour la protection contre les maladies des céréales, certaines mesures agronomiques se révèlent efficaces et sont à moduler selon le complexe parasitaire présent au fil des cycles de cultures.

La rotation des cultures est certainement celle qui agit le plus efficacement contre toutes les maladies en particulier pour le piétin qui est un parasite inféodé à la parcelle et non à la culture.

Les situations les plus risquées sont celles de la monoculture de blé dur ou de céréales à paille sur céréales à paille. Rien de tel pour entretenir un foyer infectieux soit sur les résidus de cultures, soit sur les plantes relais ou les repousses.
De plus, casser les cycles des parasites par une rotation longue est tout aussi bénéfique pour les mauvaises herbes. Les rotations blés sur blés, combinées avec un non labour, sont des situations très favorables au développement de la septoriose, ennemi n°1 des céréales.

Au-delà de la rotation, le choix variétal se révèle plus efficace pour cibler une maladie problématique. Nombre de variétés de blé et d’orges sélectionnées et classées par le Geves (groupe d’étude et de contrôle des variétés et des semences) sont tolérantes à un champignon précis. Néanmoins ce choix est à croiser avec les exigences des cahiers des charges des filières de transformation meunières et du terroir.

Les résidus de culture peuvent être contaminés par certains parasites et facilitent la conservation de l’inoculum pendant l’hiver. Le travail du sol a un rôle important à jouer. Après récolte, un enfouissement profond des résidus par labour amoindrit la propagation de la maladie (septoriose par exemple) sur les cultures suivantes. A pratiquer si les attaques ont été sévères pendant la culture, puis à répéter tous les deux ans.

Le broyage est une autre option car il facilite la décomposition des pailles et réduit la pression de la maladie. Il est cependant moins efficace que le labour. De même, un déchaumage pour détruire les repousses de céréales potentiellement infectées peut jouer un rôle efficace ; c’est notamment le cas avec la rouille brune qui se conserve en été sur les repousses. A noter aussi qu’une nouvelle contamination peut venir des parcelles voisines.

L’étape du semis est aussi un moment pour penser à la gestion du risque maladie. Le bon compromis de densité est à trouver pour ne pas avoir un couvert trop important qui facilitera la propagation des spores. Le contact entre les feuilles et le maintien d’une hygrométrie favorisent la sporulation.

De même, pour éviter de faire coïncider les périodes à risques climatiques avec celles où la plante est sensible, jouez sur la date de semis. Il y a moins de septoriose sur les semis tardifs. C’est aussi valable avec la fusariose en décalant la date de floraison.

Champ d’orge
Champ d’orge

La fertilisation peut influencer indirectement sur la croissance des champignons. Au démarrage, une plante puisant beaucoup d’azote nourrira aussi mieux le champignon qui la parasite. Le piétin verse a ainsi tendance à bien se développer sur une céréale qui lève dans une parcelle où le reliquat d’azote est important.
En végétation, trop d’azote induit trop de feuilles. Celles-ci entretiennent, sous couvert, un milieu humide, paradis des mycéliums en tous genres.

Néanmoins, l’ajustement de la fertilisation doit se raisonner dans un but d’optimisation du rendement. Des essais réalisés par Arvalis montrent que diminuer par deux la fertilisation agit significativement sur la pression parasitaire, mais la baisse de rendement n’est pas acceptable. Le levier fertilisation pour contrer une menace parasitaire est donc dans la pratique un axe secondaire.

Pour en savoir plus sur cette thématique contactez Bayer Service Infos

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