Le point sur les mycotoxines

Dernière mise à jour le 10/03/2014

« Les porcs sont très sensibles aux mycotoxines »

En Bretagne, région d’élevage par excellence, la quasi-totalité du blé et du maïs cultivés part en alimentation animale. Or si les bovins et les volailles ne sont pas très sensibles aux mycotoxines, les porcs, en revanche, le sont fortement.

Il est prouvé que les mycotoxines perturbent la reproduction chez les truies et provoquent une baisse de l’appétence chez les porcelets. Raison pour laquelle, d’ailleurs, la teneur maximale en DON recommandée par l’Union européenne pour les porcs est de 900 ppb. « Or en Bretagne, le risque fusariose est particulièrement élevé : la rotation blé/maïs est fréquente, la pratique du non-labour se développe et surtout, nous avons fréquemment de la pluie au moment de la floraison du blé. Sur dix ans, nous comptons en moyenne trois années à fortes attaques et trois autres avec des attaques moyennes. Depuis six ans, la prise de conscience des risques est réelle, surtout chez les producteurs de porcs qui fabriquent leur aliment à la ferme. Mais l’absence de test rapide, comme il en existe pour le taux d’humidité par exemple, et la non rémunération de la qualité sanitaire ne plaident pas en faveur d’une bonne gestion des risques. » Seuls certains OS fabricants d’aliments pour bétail proposent des contrats, avec un cahier des charges et une rémunération à la clé. « Nous communiquons par ailleurs beaucoup sur le positionnement du traitement fongicide. Ce dernier doit être appliqué au début de la floraison : chaque parcelle mériterait donc une date d’intervention spécifique. »

Laurent Le Réour
Laurent Le Réour

Les mycotoxines renforcent le pouvoir pathogène d’un champignon. Ce sont des molécules non protéiques, stables à la lumière et à la chaleur, non détruites par les procédés industriels de cuisson et de stérilisation. Présentes dans le grain, elles se retrouvent ensuite dans toute la chaine alimentaire et altèrent la qualité des aliments.

Au champ, elles sont produites par le genre Fusarium, d’où leur second nom de fusariotoxines. Elles appartiennent à trois familles distinctes : les trichotécènes, la zéaralénone et les fumonisines.

Ces contaminants sont invisibles à l’œil nu et inodores.

Seule une analyse en laboratoire décèle leur présence. De plus, la détection de la fusariose au champ ne signifie pas pour autant qu’il y a fabrication de mycotoxines.

Ce sont souvent les conditions climatiques pendant la phase de maturation du grain - une forte humidité et une température chaude - qui stimulent la production de ces molécules.

Et inversement ! L’absence visible de moisissures n’indique pas une absence de mycotoxines. Le champignon peut être invisible, les toxines restent.

Focus : Les trichothécènes, mycotoxines fréquentes au champ

Le déoxynivalénol ou DON est le trichotécène le plus fréquent, voire la toxine la plus répandue dans le monde. DON peut infecter toutes les céréales à paille et le maïs.

Il est principalement produit par F. graminearum et F. culmorum. La croissance du grain contaminé est alors affectée. Les porcs sont très sensibles à cette toxine. Elle cause des vomissements, une perte de l’appétit.

Le nivalénol (NIV) est produit par F. graminearum.

 

Comparaison entre grains sains et grains infectés par la fusariose des céréales
Comparaison entre grains sains et grains infectés par la fusariose des céréales

Les mycotoxines de stockage

Certains champignons peuvent se développer pendant le stockage. C’est le cas des Penicillium qui produisent notamment l’ochratoxine A ou des Aspergillus qui générent des aflatoxines et de l’achratoxine A. Deux mycotoxines sont aujourd’hui réglementées : l’aflatoxine et l’ochratoxine.

Le développement de ces moisissures est optimal, à des températures élevées, dans un milieu acide (pH compris entre 3 et 7) et à des niveaux d’humidité importants, soit dans le grain (+15 %) soit dans l’air ambiant du stockage (>à 65 %).  Un bon nettoyage du silo, des bonnes pratiques de stockage avec une ventilation limitant la condensation évite que ces moisissures n’affectent les lots de grains.

Approvisionnement d’un silo en grain
Approvisionnement d’un silo en grain

Pour en savoir plus sur cette thématique contactez Bayer Service Infos

Partagez cet article :